Roumanie : répondre aux défis de l’automatisation du travail

Par Aurora Velez  & Euronews
Roumanie : répondre aux défis de l’automatisation du travail
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Comment relever les défis de l’automatisation du travail ?

Pour y répondre, la ville de Cluj-Napoca, au nord-ouest de la Roumanie, a mis en place le programme "Future of Work". Ce projet européen mise sur trois leviers : l’adaptation des programmes d’études, la formation entrepreneuriale des créateurs et l’aide aux quartiers les plus défavorisés

"Je pense que l'automatisation du travail doit être considérée comme une opportunité et non comme un risque, explique le responsable du projet Ovidiu Cîmpeam. Nous pouvons créer plus d'emplois en nous appuyant sur notre créativité en tant qu'êtres humains."

Entre 2001 et 2019, Cluj-Napoca est l’une des villes européennes qui a connu la plus grande croissance selon Eurostat. Pour la maintenir, elle s’est rendue compte qui lui fallait combler l’écart entre connaissances et technologies émergentes. On estime que 49 % de l'économie locale est très vulnérable aux technologies émergentes et à l'automatisation.

Une évaluation régionale montre toutefois que les performances de l'économie locale de Cluj-Napoca sont bien supérieures à celles de l'ensemble du pays. Et parmi les meilleures de la région des Balkans, tant en termes de PIB par habitant que de VAB.

Premier levier pour parvenir à relever les défis de l’automatisation du travail : le pôle d’excellence CREIC et ses trois laboratoires. Chaque jour, près de 240 élèves suivent un programme d’études adapté au marché et à l’automatisation.

Teodora vient de trouver du travail chez le géant de l’informatique IBM grâce à ce programme : _"_J'ai beaucoup appris sur les nouvelles technologies émergentes comme la réalité virtuelle, la conception 3D, le développement de jeux, dit-elle. Je pense qu'à l'avenir, nous aurons beaucoup d'emplois impliquant l'ingénierie mais aussi la technologie et l'automatisation."

Le budget total du programme "Future for Work" est de 5,6 millions d’euros. 80% de cette somme (4 429 450 euros) provient de la politique européenne de cohésion et le 20% restant de 10 partenaires publics et privés.

Les industries culturelles et créatives (ICC) sont l’un des moteurs de Cluj-Napoca. Même si parmi les 2 000 diplômés du secteur chaque année, seulement 7% y trouvent du travail.

Anadora, sculptrice de métal est l’une des cinq artistes, parmi les 69 qui ont postulé, a avoir bénéficié d’un accompagnement adapté pour le développement de son projet, grâce à "Culturepreneurs", l’un des volets du programme.

"Cela a en quelque sorte comblé le besoin d'en savoir plus sur ce domaine, et pas seulement sur le plan de la conception ou de l’expertise, mais aussi sur le plan social et entrepreneurial", explique-t-elle.

Faciliter l'accès au travail pour les habitants d'un bidonville

L’inclusion socio-professionnelle est le troisième axe de ce programme dédié à l’emploi dans les 20 prochaines années. La fracture sociale est bien visible à Cluj-Napoca. Autour de la décharge de Pata-Rât, plus de 2 500 personnes vivent dans un bidonville.

Leur garantir le minimum a été la tâche d’Alex Fechete, facilitateur du projet pour la communauté rom : "Nous avons apporté deux conteneurs avec des douches et nous avons aussi installé Internet pour que les membres de la communauté puissent chercher des emplois, dit-il. Nous avons également réussi à faire venir un bus pendant six mois, pour faciliter l'accès au travail."

Dix points d'Internet sans fil gratuit, un routeur et une antenne ont été installés pour couvrir toutes les communautés roms de la région. Dans le cadre du projet, 350 abonnements gratuits aux transports publics ont été remis aux membres adultes de la communauté afin de faciliter l'accès des personnes de Pata-Rât au marché du travail : 98% des employés ont utilisé le bus pour se rendre au travail.