La "fatigue" de l’UE pour les accords commerciaux internationaux ?

Les accords commerciaux permettent de donner un cadre légal aux partenariats
Les accords commerciaux permettent de donner un cadre légal aux partenariats Tous droits réservés Mark Baker/AP
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Par Grégoire Lory
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Après avoir défendu la conclusion d’accords de libre-échange, les 27 semblent s’interroger sur le contenu et la portée à venir de ces textes.

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C'est avec une manifestation que Greenpeace a accueilli jeudi les ministres de l'UE en charge du Commerce. L'ordre du jour de la réunion portait, en partie, sur les accords de libre-échange que les 27 négocient, comme par exemple avec les pays d'Amérique du Sud réunis au sein du Mercosur, mais aussi avec l'Inde, le Chili, l'Indonésie ou encore l'Australie.

Des débats sont en cours sur de nombreux textes, mais peu sont ratifiés. Les Etats membres s'interrogent de plus en plus sur la valeur ajoutée de ces accords, révélant même une forme de lassitude.

"Je pense que "fatigue" est un mot assez approprié", souligne le ministre finlandais du Commerce extérieur Ville Skinnari.

Selon son homologue français, ce ralentissement s'explique davantage par la nécessité de défendre les intérêts européens.

"Il faut que les accords puissent avancer, sans mettre en péril également nos propres filières. (…) Il faut que nous soyons totalement vigilants sur ce point. Et de ce point de vue là évidemment c'est le temps qui passe à la négociation pour aboutir à des compromis qui soient acceptables, bien sûr, par les Etats mais aussi par les opinions publiques", explique Olivier Becht.

Pour l'UE, ces accords commerciaux sont aussi un signal à ses partenaires internationaux pour montrer son soutien au multilatéralisme. Mais plusieurs pays membres semblent vouloir ralentir cette dynamique.

Niclas Poitiers, chercheur à l’institut Bruegel voit deux explications à cette tendance. "Premièrement, nous avons déjà abaissé de nombreux droits de douane à des niveaux historiquement très bas. Cela signifie que les avantages de ces accords commerciaux en termes d'ouverture des marchés ne sont pas aussi importants qu'ils l'étaient auparavant. Cela signifie que les avantages d'un autre accord commercial ne sont pas aussi importants qu'auparavant, ce qui signifie également que les incitations à les signer ne sont pas aussi importantes qu'auparavant".

"La deuxième raison est que nous avons assisté à de nombreuses délocalisations d'industries de l'UE, essentiellement en raison de la mondialisation et de la technologie, ce qui a entraîné une augmentation des inégalités au sein de l'UE et a conduit de nombreuses personnes préoccupées par ces inégalités à s'opposer à la mondialisation et aux accords commerciaux", ajoute-t-il.

L'Union a défendu pendant de nombreuses années la conclusion de tels accords. Mais avec la situation géopolitique internationale actuelle et les difficultés rencontrées sur les chaînes d'approvisionnement à cause de la pandémie de Covid-19, les 27 semblent vouloir privilégier une réflexion sur leur approche à l'égard du libre-échange.

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