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Pourquoi l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur pourrait être ratifié cette année

Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, en haut, le chancelier allemand, Olaf Scholz, après une conférence de presse, à Brasilia, Brésil, le 30 janvier 2023.
Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, en haut, le chancelier allemand, Olaf Scholz, après une conférence de presse, à Brasilia, Brésil, le 30 janvier 2023. Tous droits réservés AP Photo/Eraldo Peres
Tous droits réservés AP Photo/Eraldo Peres
Par Isabel Marques da Silva
Publié le Mis à jour
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Plus de 20 ans après le début des négociations, l'Europe et Mercosur pourraient enfin ratifier l'accord de libre-échange dans le courant de cette année. L'élection du président brésilien de gauche, Lula Da Silva, est un des éléments qui a joué dans cet avancement.

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Plus de 20 ans après le début des négociations, l'Union européenne et le Mercosur pourraient enfin ratifier leur accord commercial cette année.

L'espoir que cet accord longtemps retardé puisse progresser a été ravivé après l'élection au Brésil du président de gauche Lula da Silva, qui a pris ses fonctions le 1er janvier et a reçu cette semaine le chancelier allemand Olaf Scholz à Brasilia.

Lors de la conférence de presse, les deux dirigeants se sont prononcés en faveur de l'accélération de la ratification de l'accord.

Les négociations entre les deux blocs - le Mercosur comprend le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay - ont débuté en 2000 et ont été conclues en juin 2019.

Mais l'UE a décrié "l'assaut" contre la forêt amazonienne sous la direction au Brésil du président de droite Jair Bolsonaro, dont l'administration a autorisé l'exploitation pour les activités minières et agricoles à un rythme trois fois supérieur à celui observé il y a plus de dix ans.

"Je ne pense pas qu'un accord aurait été possible avec l'ancien président Bolsonaro. Maintenant, il est parti et il y a un nouveau gouvernement, donc ce sera plus facile", a affirmé la députée allemande Anna Cavazzini (Verts) vice-présidente de la délégation pour les relations avec le Brésil.

"Néanmoins, la plupart des membres du Parlement européen ont clairement indiqué qu'ils voulaient des critères de durabilité contraignants et applicables, ils veulent que l'accord ne contribue pas à la déforestation et ils veulent certaines garanties", a souligné la législatrice dans une interview accordée à Euronews.

Les accords commerciaux à l'ordre du jour de l'Union européenne

Aujourd'hui, Lula da Silva plaide pour un modèle de développement économique plus durable, y compris dans la forêt amazonienne, souvent décrite comme le poumon de la planète. Olaf Scholz a déclaré que l'Allemagne allait à nouveau contribuer au Fonds international pour l'Amazonie (créé en 2006 par Lula da Silva), avec un nouveau versement de 35 millions d'euros.

"Du côté de l'UE, l'année 2023 offre également un cadre favorable au resserrement des liens", a déclaré Uri Dadush, chercheur non-résident au groupe de réflexion Bruegel et auteur de l'analyse approfondie "The EU-Mercosur Free Trade Agreement : prospects and risks".

"L'actuelle présidence suédoise de l'UE est très favorable au commerce, et la prochaine présidence espagnole (au second semestre) sera également très favorable à l'accord en raison des liens historiques avec les trois pays hispanophones, le Brésil étant lusophone", a précisé l'analyste à Euronews.

Mais même avec cette nouvelle approche de la conservation de la biodiversité et de la lutte contre le changement climatique au Brésil, l'accord UE-Mercosur a longtemps été assombri par les critiques de groupes politiques et économiques, et pourrait entraîner des protocoles conjoints supplémentaires.

En éliminant les droits de douane bilatéraux, les deux parties devraient gagner en capacité d'exportation vers un marché combiné de 780 millions de personnes, mais certains secteurs sont sensibles, notamment l'agriculture, et en particulier le secteur de la viande - le bœuf et la volaille ne seront pas entièrement libéralisés, par exemple.

"En fait, certaines exportations agricoles des pays du Mercosur vont augmenter, ce qui constitue une menace pour l'agriculture en Europe, qui subit déjà une forte pression. Bon nombre de ces accords doivent être examinés secteur par secteur, et nous devons trouver un équilibre entre ces différents intérêts. Nous devons mieux concevoir les accords commerciaux, afin qu'ils profitent au plus grand nombre possible de groupes", a souligné Anna Cavazzini.

L'ombre de la Chine

Ces dernières années, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Mercosur et Lula da Silva souhaite discuter des conditions d'un accord commercial avec Pékin lors de sa visite dans ce pays, en mars.

L'UE doit donc intensifier le dialogue avec le Mercosur et souhaite stimuler les importations de ressources minérales qui sont cruciales pour la révolution industrielle dite "verte" et où la Chine occupe une position dominante.

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"L'un des effets de la guerre en Ukraine et de la pandémie a été de rendre tout le monde beaucoup plus sensible à la sécurité des lignes d'approvisionnement et à la disponibilité des matériaux de toutes sortes", explique Uri Dadush.

"Si vous pouvez cimenter cette relation, la rendre plus sûre, cela contribuera à la diversification et à la sécurité de l'approvisionnement de l'Europe. Il en va de même, d'ailleurs, pour l'Amérique latine", a ajouté l'analyste.

L'accord de libre-échange est l'un des deux volets de l'accord d'association global entre l'UE et le Mercosur. Le deuxième pilier est un accord politique, qui a été clôturé en juin 2020. Une fois que la version finale du traité sera clôturée et traduite dans toutes les langues de l'UE, le texte pourra être soumis au Parlement européen pour un vote contraignant.

Son entrée en vigueur interviendra après sa ratification par tous les États membres de l'UE, et les États du Mercosur. Comme les précédents accords commerciaux avec le Canada, le Japon et d'autres puissances, ce traité est considéré comme une étape importante dans l'objectif de Union européenne de mettre en œuvre le Green Deal et dans sa volonté de prôner une approche multilatérale des relations internationales.

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Journaliste • Laura Vandormael

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