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State of the Union : le pouvoir électoral du populisme est-il surestimé ?

Un ouvrier nettoie la rue après les célébrations au siège du Parti populaire conservateur à Madrid, le 24 juillet 2023.
Un ouvrier nettoie la rue après les célébrations au siège du Parti populaire conservateur à Madrid, le 24 juillet 2023. Tous droits réservés Emilio Morenatti/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
Tous droits réservés Emilio Morenatti/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
Par Stefan GrobeYolaine de Kerchove (traduction)
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Dans ce nouveau numéro de « State of the Union », le journaliste Stefan Grobe interroge Doru Frantescu, directeur et fondateur d'EU Matrix, sur les leçons que l'on peut tirer des élections espagnoles et les tendances politiques actuelles dans l'UE.

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En Espagne, le parti d'extrême droite Vox a obtenu de moins bons résultats que lors des dernières élections et que dans les sondages réalisés tout au long de l'année dernière. Sommes-nous parfois en train de surestimer le pouvoir électoral du populisme ?

Doru Frantescu :Je pense que parfois nous le surestimons, parfois nous le sous-estimons. Et je pense que les deux phénomènes sont dus à l'anxiété que le fait de parler de ces partis et de leurs intentions provoque dans les sociétés. Nous parlons beaucoup de leurs intentions, qui sont parfois imprévisibles. Cela crée beaucoup d'anxiété. Cela donne parfois l'impression qu'ils se développent plus qu'ils ne le font. Je pense que c'est le cas aujourd'hui en Espagne, alors qu'en d'autres occasions, nous les avons sous-estimés parce que nous pensions qu'ils n'atteindraient pas une part substantielle de l'électorat, ce qui est parfois le cas et parfois non. Les phénomènes se produisent donc dans des contextes différents.

Quelles sont les questions les plus importantes qui amènent les électeurs à voter pour des candidats populistes ?

Doru Frantescu :Il est clair que les populistes, ou plus précisément la droite radicale, ont été en mesure de toucher les citoyens mécontents de la façon dont la société évolue. Et ils ont, bien sûr, commencé avec, d'une part, les questions identitaires culturelles comme la migration, comme, vous savez, le nativisme dans la société. Mais aujourd'hui, je pense que l'éventail des questions abordées par ces partis s'est considérablement élargi parce que l'immigration a un peu perdu de son importance en termes de priorité pour l'électorat. Et maintenant, nous avons des questions économiques. Il y a les problèmes d'emploi dans certains pays et même la sécurité énergétique.

Dans le même temps, les sociaux-démocrates sont sous pression un peu partout, en Scandinavie, en Allemagne, au Portugal, bien qu'ils soient à la tête de gouvernements qui réussissent assez bien. Quelle en est la raison ?

Doru Frantescu :Le succès ou l'échec d'un gouvernement est une question de subjectivisme. C'est une question de perception de l'électorat. Et quelle que soit la réussite objective d'un gouvernement, c'est aussi une question de cycle politique. Si un parti reste au pouvoir trop longtemps, tôt ou tard, l'électorat sera mécontent parce que le gouvernement commettra des erreurs dans l'électorat et l'opposition essaiera d'en tirer parti, ce qui est très bien car c'est la nature même de la démocratie. La démocratie, c'est l'alternance du pouvoir. Et je pense que certaines des raisons pour lesquelles les sociaux-démocrates en Scandinavie ou au Portugal perdent l'électorat. C'est aussi cela.

Il y a encore quelques élections dans l'UE cette année, puis des élections européennes l'année prochaine. Quelles sont les tendances communes ?

Doru Frantescu :La tendance commune que nous observons, et que nous remarquons effectivement depuis la dernière décennie, est le renforcement des partis marginaux et l'affaiblissement du centre. Qu'il s'agisse du centre droit, du centre gauche ou même des libéraux au centre de l'échiquier politique, qu'il s'agisse du Parlement européen dont les élections auront lieu l'année prochaine ou des élections nationales, le phénomène est le même sur tout le continent européen. Le phénomène est le même sur tout le continent européen. L'autre phénomène important est la rotation de plus en plus rapide du gouvernement et des hommes politiques que nous avons constatée au cours de la dernière décennie. En d'autres termes, il est désormais plus difficile pour les hommes politiques de rester plus longtemps au pouvoir ou d'effectuer un mandat complet. De nos jours, il est très rare qu'un gouvernement reste au pouvoir jusqu'à la fin de son mandat, quel que soit le pays. Et je pense que ce que nous avons vu aujourd'hui en Espagne et aux Pays-Bas n'a fait que confirmer cette tendance.

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