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Un nouveau rapport indique qu'au moins 895 000 personnes sont sans-abri en Europe

Selon un nouveau rapport, au moins 895 000 personnes seraient sans abri en Europe.
Selon un nouveau rapport, au moins 895 000 personnes seraient sans abri en Europe. Tous droits réservés Francisco Seco/Copyright 2020 The AP. All rights reserved.
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Par Isabel Marques da Silva
Publié le Mis à jour
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Cet article a été initialement publié en anglais

Un nouveau rapport révèle qu'au moins 895 000 personnes en Europe étaient sans-abri l'année dernière, mettant en lumière une tendance aggravée par la guerre de la Russie contre l'Ukraine.

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L'Allemagne comptait 84 500 personnes dormant dans la rue en 2022. En Espagne, ils étaient plus 28 500.

Ces résultats sont les conclusions du rapport publié mardi par la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abris (FEANTSA) et la Fondation Abbé Pierre, intitulé : Le mal-logement en Europe.

L'étude tire la sonnette d'alarme sur la façon dont les conditions de logement indignes, telles que la promiscuité, les moisissures, l'humidité, l'exposition à la pollution et les mauvaises conditions sanitaires, affectent les segments les plus pauvres de la population, exacerbent la pauvreté et perpétuent l'exclusion sociale.

"Chaque nuit en Europe, une population comparable à celle d'une ville comme Marseille ou Turin est sans abri", soulignent les organisations dans un éditorial commun. Elles ajoutent que "pour inverser la tendance, il faudrait des efforts politiques sans précédent et des mesures structurelles audacieuses".

L'absence de données complètes collectées à l'aide d'une méthodologie commune rend difficile l'obtention d'une image précise du sans-abrisme dans l'Union européenne, avertissent les organisations. Leur estimation de 895 000 personnes sans domicile a été obtenue en utilisant les informations mises à disposition par les autorités nationales et locales.

"Il s'agit d'une augmentation de 30 % par rapport à la dernière fois que nous avons fait cette estimation en 2018, et au cours des 10 années précédentes, elle avait déjà augmenté de 70 %. Il s'agit donc d'un problème structurellement croissant dans l'Union européenne", précise Ruth Owen, directrice adjointe de la FEANTSA.

Le rapport donne des tendances dans certaines des principales villes d'Europe. Barcelone, en Espagne, a enregistré 1 063 personnes dormant dans la rue en 2022, ce qui représente une augmentation de 19 % en un an seulement. Dans la capitale française, Paris, 69 % des 2 598 sans-abris de la ville vivent dans cette situation depuis plus d'un an.

Le sans-abrisme ne concerne pas seulement les personnes qui n'ont pas d'endroit régulier où dormir, mais aussi celles qui sont obligées de recourir à l'hébergement d'urgence. Un exemple de dégradation de la situation a été observé à Dublin, en Irlande, où 8 376 personnes vivaient dans des services publics - un taux d'augmentation de 31 % en un an.

La détérioration de la situation sur le continent est imputée à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et à ses multiples répercussions, notamment l'augmentation record des prix de l'énergie et l'inflation élevée persistante.

Les répercussions économiques sont ressenties à la fois par les sans-abris et par les services sociaux qui les aident au quotidien, explique Ruth Owen.

"Le fait que la crise du coût de la vie, que l'inflation se soit concentrée sur des choses essentielles comme l'énergie et l'alimentation, a eu pour conséquence que les ménages les plus pauvres ont été les plus durement touchés".

"Les services d'aide aux sans-abris ont également été très durement touchés par l'inflation, et en particulier par l'augmentation des prix de l'énergie", poursuit-elle.

Les promesses d'une nouvelle plateforme

À l'initiative du gouvernement portugais, l'UE a créé en 2021 la Plateforme européenne de lutte contre le sans-abrisme, avec pour objectif d'éradiquer ce phénomène d'ici 2030. Elle a mis en place un groupe de travail chargé de mobiliser les fonds fournis par la Commission européenne et le Conseil de l'Europe et de soutenir les programmes politiques en faveur de l'inclusion sociale.

Ruth Owen estime que le dispositif a contribué à faire du sans-abrisme une priorité de la politique sociale au niveau de l'UE, mais que des résultats concrets doivent encore être obtenus.

"Nous devons voir l'Union européenne transformer cette nouvelle plateforme, qui est un grand pas en avant, en un véritable forum de progrès, travaillant sur des choses comme de meilleures données sur le sans-abrisme et en mobilisant le financement de l'UE pour lutter contre le sans-abrisme", insiste-t-elle.

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"Beaucoup de choses peuvent être réalisées en termes d'échange de politiques et d'apprentissage de ce qui fonctionne dans les pays qui ont mieux réussi à lutter contre le sans-abrisme".

Cependant, les efforts avancent lentement.

Selon le rapport, seuls trois des 27 États membres de l'UE ont réalisé des progrès tangibles dans la lutte contre le sans-abrisme et ont enregistré une "légère baisse" du nombre de personnes qui vivent dans la rue : la Finlande, le Danemark et l'Autriche.

Ces pays appliquent une stratégie dite du logement d'abord, qui consiste à fournir un lieu d'habitation dans un premier temps avant de soutenir l'accès aux services de santé et à l'éducation.

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L'année prochaine, la Plateforme européenne de lutte contre le sans-abrisme, actuellement présidée par l'ancien Premier ministre belge Yves Leterme, devrait lancer une série d'activités dans plusieurs villes d'Europe afin d'améliorer la qualité de la recherche, y compris un projet pilote de comptage des sans-abris basé sur une méthodologie commune.

Eurostat, l'office statistique de l'UE, commencera également à collecter des données.

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