Les divisions de l’UE sur le Proche-Orient menacent son influence dans la région

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell
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Par Shona Murray
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Le conflit entre Israël et le Hamas a révélé les fractures de l’UE dans ce dossier et pourrait porter préjudice à la voix des 27 à l’avenir.

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Les divisions affichées par l'UE concernant la réponse des 27 à propos de la guerre entre le Hamas et Israël menacent de brouiller son influence à l'avenir dans la région. Cela pourrait même affaiblir sa crédibilité en matière de respect du droit international et de la protection des civils en cas de conflit.

L'ambiguïté des Etats membres est d'ailleurs pointée du doigt par les partenaires de l'Union. Le roi de Jordanie estime que pour les 27 les vies palestiniennes ont moins de valeur que d'autres. Les dirigeants européens appellent à mettre en place des "pauses humanitaires" afin de permettre d'acheminer l'aide dans la bande de Gaza. Mais ils ne parlent pas d'un cessez-le-feu.

À titre d’exemple de ces déchirures, le positionnement pro-israélien de l'Allemagne n’est pas "susceptible de changer à court ou moyen terme, quelle que soit la progression de l'invasion terrestre à Gaza, les victimes civiles et la dévastation que nous risquons tous de voir", estime Mujtaba Rahman, directeur d’Eurasia Group. Dès lors "cela va ouvrir une brèche au sein du Conseil européen entre les pays qui ont une position et une perspective légèrement différentes sur le conflit, ce qui, une fois encore, je pense, réduira la légitimité et l'influence de l'Europe".

À l'assemblée générale de l'ONU, quatre pays membres de l'UE ont voté contre une résolution qui appelait à un cessez-le-feu, huit capitales ont voté pour et 15 se sont abstenues.

Si les 27 ont souvent affiché des positions différentes à propos des Palestiniens, ils ont toujours soutenu fermement une solution à deux Etats.

"Elle (l'UE) peut toujours avoir un rôle. Elle doit maintenant faire face à une sorte de handicap vis-à-vis des pays arabes et plus globalement, avec beaucoup de partenaires du Sud qui ont un peu perdu leur confiance dans la diplomatie de l'Union européenne. Nous devons donc reconstruire cette confiance", reconnaît l’ancien diplomate français et européen, Pierre Vimont.

"Mais n'oublions jamais que c'est l'Union européenne qui a lancé l'idée d'une solution à deux États, de la nécessité de l'autodétermination pour les Palestiniens, du soutien à l'OLP en tant que représentant du peuple palestinien", ajoute-t-il.

L'Union défend l’organisation d’une conférence internationale pour la paix afin de relancer les discussions en faveur d'une solution à deux Etats. Mais d'ici là, elle risque d'être mise à l'écart par la poursuite de la guerre.

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