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Les négociations d'adhésion à l'UE avec l'Ukraine et la Moldavie devraient commencer

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen Tous droits réservés Christophe Licoppe/Christophe Licoppe
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Par Mared Gwyn Jones
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Les dirigeants de l'Union européenne devraient autoriser l'ouverture de négociations formelles sur l'adhésion de l'Ukraine et de la Moldavie à l'Union européenne une fois que les deux pays auront achevé les réformes nécessaires, estime la Commission européenne.

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"À la lumière des résultats obtenus par l'Ukraine et la Moldavie et des efforts de réforme en cours, la Commission a recommandé au Conseil d'ouvrir des négociations d'adhésion avec ces deux pays", a annoncé mercredi la Commission européenne.

Le rapport sur les progrès réalisés par les pays candidats confirme que l'Ukraine a rempli quatre des sept conditions préalables à l'ouverture des négociations, mais qu'il reste encore du travail à faire en matière de lutte contre la corruption, de démantèlement de l’oligarchie et des droits des minorités.

La Moldavie doit également finaliser ses réformes judiciaires et introduire de nouvelles mesures de lutte contre la corruption.

Sur recommandation de la Commission, les dirigeants de l'UE pourraient soutenir l'ouverture des négociations d'adhésion lors du prochain sommet européen, en décembre, une décision qui requiert l’unanimité des 27 États membres.

"L'élargissement est une politique vitale pour l'Union européenne. Compléter notre Union est un appel de l'histoire, l'horizon naturel de notre Union", estime la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

"Les élargissements passés ont montré les énormes avantages qu'ils procurent, tant aux pays candidats qu'à l'UE. Nous sommes tous gagnants", ajoute-t-elle.

S'adressant à Euronews peu avant la publication du rapport, Olha Stefanishyna, vice-première ministre ukrainienne pour l'intégration européenne et euro-atlantique, a expliqué que le rapport était une "évaluation importante" et que le pays prévoyait d'annoncer ses prochaines étapes en réponse aux recommandations plus tard dans la journée de mercredi.

Volodymyr Zelensky, président ukrainien, avait auparavant qualifié la conclusion de la Commission d'"historique".

"L'UE représente la sécurité économique et la stabilité sociale pour l'Ukraine, et l'Ukraine représente le renforcement de l'ensemble de la communauté européenne", insiste Volodymyr Zelensky, appelant les députés ukrainiens à poursuivre les réformes législatives nécessaires.

C'est la première fois que l'institution européenne donne son feu vert à des négociations d'adhésion avant qu'un pays ne remplisse toutes les conditions préalables. La guerre de la Russie a donné un caractère d'urgence à ce qui est traditionnellement un processus lent avant qu'un pays ne devienne un membre à part entière de l'UE.

La Commission juge que les travaux techniques pourraient commencer "immédiatement" une fois que les dirigeants de l'UE auront soutenu les négociations. L'institution se dit aussi prête à présenter un rapport sur les progrès réalisés par l'Ukraine et la Moldavie dans le respect des critères en suspens d'ici le mois de mars de l'année prochaine.

Ursula von der Leyen souligne que le processus restait fondé sur le mérite et qu'aucune "date fixe" ne pouvait être annoncée pour l'adhésion à part entière.

L'Ukraine et la Moldavie ont obtenu le statut de candidat officiel à l'adhésion à l'UE en juin de l'année dernière, quelques semaines seulement après l'invasion par la Russie du territoire ukrainien, relançant ainsi l'élargissement de l'UE après une longue période d'inactivité.

La Commission européenne recommande également d'accorder à la Géorgie le statut de candidat officiel à l'adhésion, dix-sept mois après avoir été désignée comme "candidat potentiel".

La Commission recommande aussi l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Bosnie-Herzégovine. Mais pour cela, le pays devra atteindre le degré nécessaire de conformité avec les critères fixés par l’UE. Sarajevo devra donc déployer des efforts supplémentaires pour respecter les priorités définies par l’institution européenne.

Des réformes importantes en suspens

La nouvelle évaluation des progrès réalisés par les pays candidats sur la voie de l'adhésion à l'UE confirme que l'Ukraine a rempli quatre des sept conditions préalables à l'ouverture des négociations.

La Moldavie doit également finaliser ses réformes judiciaires et introduire de nouvelles mesures de lutte contre la corruption.

Les deux pays ont réalisé au moins 90 % des réformes requises, a déclaré un fonctionnaire de la Commission européenne, suggérant que Kyiv et Chişinău pourraient régler les derniers détails de leurs réformes à temps pour que les pourparlers commencent au premier semestre 2024.

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Mais les réformes en suspens pourraient générer un malaise chez certains dirigeants de l'UE. Des sources diplomatiques ont déclaré à Euronews que si les Etats membres sont susceptibles de soutenir l'ouverture des discussions en décembre, certains pays préfèrent retarder les négociations formelles jusqu'en 2024 afin de s'assurer la mise en œuvre complète des réformes.

Le Premier ministre ultranationaliste hongrois, Viktor Orbán, a déjà menacé de mettre son veto à la candidature de l’Ukraine pour ce qu'il a décrit comme un échec à faire respecter les droits de la minorité hongroise.

Dans le cadre de ses réformes, Kyiv doit veiller à intégrer les langues minoritaires, dont le roumain et le hongrois, langues officielles de l’UE, dans le système d'enseignement secondaire et le paysage médiatique du pays.

Mais le russe, parlé par environ 30 % des Ukrainiens, sera exclu des réformes linguistiques. "L'utilisation de la langue russe n'est pas une question que la Commission examinera", a confirmé mercredi un haut fonctionnaire de l'UE.

Des progrès importants dans la lutte contre la corruption sont également considérés comme essentiels pour obtenir le soutien des États membres. Le Premier ministre slovaqu,e Robert Fico, qui a prêté serment le mois dernier pour diriger une coalition comprenant un parti pro-russe, a récemment exprimé des réserves quant aux projets de l'UE d'augmenter le soutien financier à l'Ukraine. Dans un message sur Facebook, il souligne que "l'Ukraine est l'un des pays les plus corrompus au monde".

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Kyiv est classée 116e sur 180 pays dans l'indice de perception de la corruption de Transparency International.

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