Un accord Schengen en demi-teinte pour la Roumanie et la Bulgarie

La Bulgarie et la Roumaine entreront partiellement dans Schengen, les contrôles aux frontières terrestres seront maintenus
La Bulgarie et la Roumaine entreront partiellement dans Schengen, les contrôles aux frontières terrestres seront maintenus Tous droits réservés Valentina Petrova/AP2011
Par Isabel Marques da Silva
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Bucarest et Sofia rejoindront partiellement à partir du 31 mars l’espace de libre circulation des personnes en Europe. Seules les frontières aériennes et maritimes seront ouvertes à cette date.

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L’UE ouvre une partie de ses frontières intérieures à la Roumanie et à la Bulgarie. Les 27 ont décidé de supprimer à partir du 31 mars les contrôles aux frontières aériennes et maritimes.

Bucarest et Sofia sont membres de l’Union depuis 2007 et frappent à la porte de l’espace Schengen depuis 2011. Un compromis a été finalement trouvé pour permettre aux deux pays de rejoindre, en partie, la zone de libre circulation des personnes en Europe.

Euronews a interrogé l’eurodéputé libéral roumain Dragoș Tudorache sur cette adhésion partielle.

Euronews :

Comment jugez-vous ce compromis ?

Dragoș Tudorache :

C'est en partie bon et en partie mauvais. C'est partiellement bon parce que cela permet enfin de sortir de l'impasse dans laquelle nous nous trouvions depuis plus d'un an, depuis la décision initiale du Conseil de la Justice, en décembre 2022, et l'analyse initiale de l'Autriche. Nous constatons enfin que le gouvernement autrichien est disposé à négocier au moins quelque chose. Mais c'est aussi partiellement négatif dans le sens où une partie très importante de cette décision, à savoir les frontières terrestres où en fait le coût de ne pas (être) dans Schengen compte le plus à la fois pour les citoyens mais aussi pour les entreprises en Roumanie et en Bulgarie, reste toujours ouverte. Et le pire, c'est qu'elle reste ouverte sans calendrier précis.

Euronews :

Pouvez-vous nous expliquer comment cela va changer la vie des citoyens et des entreprises ?

Dragoș Tudorache :

Il ne s'agit pas seulement de la commodité des voyages pour les citoyens, bien que cela soit également très important, mais il s'agit vraiment du coût pour les entreprises. C'est un coût qui a été évalué à des milliards et des milliards (d'euros) et à des pourcentages importants du PIB pour chacun des deux pays chaque année (pour ne pas être) dans Schengen. Et en fait, si nous regardons les conditions qui ont été énumérées dans la décision, il devrait y avoir des contrôles renforcés à la frontière. Donc, en fait, cela pourrait devenir encore plus difficile pour ces camions, pour ces passagers qui essaient de traverser les frontières terrestres.

Euronews :

Plusieurs Etats membres ont suspendu ou suspendent certaines règles de Schengen pendant plusieurs jours ou plusieurs mois ? Peut-il y avoir une transformation globale de la zone de libre circulation ?

Dragoș Tudorache :

Je ne pense pas que nous puissions nous permettre de considérer que nous pouvons vivre sans changement. Est-il (l’espace Schengen) en bonne santé aujourd'hui ? Non, il ne l'est pas. Des États membres comme l'Autriche ont constamment ignoré les règles de Schengen, qui sont très claires quant à la durée pendant laquelle nous pouvons imposer des mesures bilatérales en termes de sécurisation des frontières, dans des circonstances très claires qui doivent être communiquées et justifiées. Devons-nous également revoir la gouvernance ? Oui, je pense que oui, car je pense que c'est l'incertitude quant à la manière dont la zone est gérée et dont les règles sont gérées qui conduit à des situations comme celle-ci.

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