Ursula von der Leyen fixe ses limites d’une majorité à l’issue des élections européennes

Ursula von der Leyen a confirmé son intention de se représenter à la présidence de la Commission européenne.
Ursula von der Leyen a confirmé son intention de se représenter à la présidence de la Commission européenne. Tous droits réservés European Union, 2024.
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Par Jorge Liboreiro
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Cet article a été initialement publié en anglais

Ursula von der Leyen exclut de travailler avec des partis politiques "amis de Poutine" si elle est réélue présidente de la Commission européenne.

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Candidate à sa reconduction à la tête de la Commission européenne, Ursula von der Leyen fixe ses limites pour pouvoir construire une majorité. Pour la responsable allemande, il ne sera pas possible de travailler avec ceux qui soutiennent le président russe Vladimir Poutine.

Ses commentaires interviennent alors que les sondages annoncent une poussée des partis d'extrême droite après les élections de juin au Parlement européen.

Pour son premier mandat, Ursula der Leyen s’est appuyée sur une grande coalition avec les chrétiens-démocrates, les libéraux et les sociaux-démocrates. Or, cette majorité pourrait se réduire en nombre de sièges dans l’hémicycle lors de la prochaine mandature.

"Je travaille avec des groupes pro-européens, pro-OTAN, pro-ukrainiens, qui soutiennent clairement nos valeurs démocratiques", a prévenu mercredi la présidente de la Commission.

"La question est plutôt de savoir quel est le contenu. Chaque élection européenne entraîne un changement dans la composition des différents partis et groupes politiques. C'est donc le contenu qui compte", ajoute-t-elle.

"Ceux qui défendent la démocratie contre les eurosceptiques et ceux qui défendent nos valeurs contre les amis de Poutine sont ceux avec lesquels je veux travailler et avec lesquels je sais que je peux travailler".

Ursula von der Leyen s'est adressée à la presse après une réunion à huis clos de sa famille politique, le Parti populaire européen (PPE), au cours de laquelle elle a été confirmée comme seule candidate comme tête de liste pour les élections européennes. La validation formelle aura lieu au début du mois de mars.

La responsable allemande est la favorite dans la course à la présidence de la Commission. Sa famille politique, les chrétiens-démocrates, devrait remporter le plus grand nombre de sièges au Parlement européen. Toutefois, la décision de la nommer pour un second mandat devra être prise d'abord par les dirigeants de l'UE, puis par le Parlement lors d'un vote à la majorité absolue.

La nomination d’Ursula von der Leyen a été adoptée en 2019 par petite majorité. Toutefois, nombre de ses propositions au cours de son mandat a été soutenu par de larges majorités. Compte tenu des sondages, il n'est pas certain que la prochaine Commission soit en mesure de faire passer ses propositions sans faire de concessions à la droite dure. Or, ce geste politique risque d’irriter des partenaires situés à gauche de l’hémicycle.

Tous les regards seront tournés vers le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), une formation eurosceptique qui regroupe des partis tels que Fratelli d'Italia (Italie), Droit et justice (Pologne), Vox (Espagne), la N-VA (Nouvelle Alliance flamande, Belgique), le Parti démocratique civique (République tchèque), les Démocrates suédois (Suède) et le Parti des Finlandais (Finlande). Le parti Reconquête d'Éric Zemmour a récemment rejoint le groupe.

Les spéculations sont aussi nombreuses quant à la possibilité d'accueillir dans les rangs d'ECR les eurodéputés du parti hongrois au pouvoir, le Fidesz. Le Premier ministre hongrois souverainiste Viktor Orban se dit confiant dans l'obtention de l'adhésion de sa formation après les élections de juin.

Mais l'idée de travailler avec le parti du dirigeant hongrois a déclenché une levée de boucliers de la part des délégations suédoise, finlandaise et tchèque, qui déplorent la position dérangeante de Viktor Orban sur la guerre en Ukraine, son opposition aux sanctions contre le Kremlin, sa relation avec Vladimir Poutine et son retard à ratifier l'adhésion de la Suède à l'OTAN.

Ursula von der Leyen travaillera-t-elle avec un tel groupe ?

"Contre (l'État de droit) ? C'est impossible. Les amis de Poutine ? Impossible", assure la présidente de la Commission, en faisant référence à ECR.

"La ligne de démarcation est la suivante : défendez-vous la démocratie ? Défendez-vous nos valeurs ? Êtes-vous fermement attachés à l'État de droit ? Soutenez-vous l'Ukraine ? Et luttez-vous contre la tentative de Poutine d'affaiblir et de diviser l'Europe ? Et ces réponses doivent être très claires".

Ursula von der Leyen note que certaines délégations, aujourd'hui membre d’ECR, pourraient quitter le groupe et rejoindre le PPE, un scénario qui fait l'objet de rumeurs concernant Fratelli d'Italia de la Première ministre italienne d'extrême droite Giorgia Meloni.

S'exprimant à ses côtés, le président du PPE, Manfred Weber, assure qu’ECR ne serait pas en mesure de "répondre aux préoccupations des citoyens de l'UE".

"Les partis qui font campagne contre l'Europe, qui sont les amis de Poutine, deviennent de plus en plus forts, et c'est extrêmement inquiétant pour nous, le PPE, qui voulons maintenir la stabilité", prévient Manfred Weber.

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"Je veux que le PPE soit aussi fort que possible", ajoute-t-il, "et c'est ce que nous voulons stratégiquement, que nous ayons une position clé dans le prochain Parlement européen, mais toujours sur la base de la coopération entre les forces démocratiques pro-européennes".

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