Les pays de l'UE concluent un accord de 5 milliards d'euros sur l'aide militaire à l'Ukraine après des semaines de désaccord

Les pays de l'UE sont parvenus à un accord sur une aide militaire de 5 milliards d'euros pour l'Ukraine.
Les pays de l'UE sont parvenus à un accord sur une aide militaire de 5 milliards d'euros pour l'Ukraine. Tous droits réservés LIBKOS/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
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Par Jorge LiboreiroEuronews
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Cet article a été initialement publié en anglais

Les pays de l'Union européenne sont parvenus mercredi soir à un accord à l'arraché pour renforcer et réorganiser l'assistance militaire à l'Ukraine.

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L'accord conclu par les ambassadeurs à Bruxelles permettra d'injecter 5 milliards d'euros supplémentaires dans la Facilité européenne pour la paix jusqu'à la fin de l'année, qui viendront s'ajouter aux 6,1 milliards d'euros engagés depuis début 2022.

Cet outil a pris de l'importance au lendemain de la guerre contre la Russie, les États membres se sont empressés de fournir à Kyiv les équipements militaires conservés dans leurs stocks nationaux.

Le mécanisme rembourse partiellement les coûts de ces dons, permettant à tous les pays, des plus grands aux plus petits, de participer et d'apporter leur aide. Il s'agit d'un programme "hors budget" de l'Union, car les caisses de l'UE ne peuvent pas financer les dépenses ayant des implications militaires.

Mais en 2023, la Facilité européenne pour la paix a commencé à s'essouffler, les stocks s'épuisant progressivement et les gouvernements privilégiant les dons bilatéraux à l'Ukraine, plutôt que les dons collectifs. Le mécanisme a été paralysé en mai après le veto de la Hongrie en représailles à la désignation par Kyiv de la banque OTP comme "sponsor international de la guerre".

Cette désignation a été levée quelques mois plus tard après une intense pression diplomatique, mais Budapest a continué à empêcher le déblocage d'une nouvelle tranche de 500 millions d'euros pour compléter le mécanisme.

Entre-temps, un débat a été lancé pour réformer le mécanisme et le rendre plus efficace, plus prévisible et mieux adapté aux besoins de l'Ukraine.

Les discussions se sont toutefois enlisées dans des considérations politiques et ont duré plus longtemps que prévu. L'Allemagne a insisté pour que les "contributions en nature" (dons bilatéraux) soient déduites de la contribution attendue du pays, tandis que la France, soutenue par la Grèce et Chypre, a exigé que la Facilité européenne pour la paix soit utilisée exclusivement pour l'achat d'armes et de munitions fabriquées dans l'Union européenne.

Le débat à Bruxelles contrastait fortement avec les besoins sur le champ de bataille : en février, les troupes ukrainiennes ont été contraintes de se retirer de la ville d'Avdiivka, dans l'est du pays. Ce revers est lié à la diminution des fournitures militaires des alliés occidentaux, en particulier des États-Unis, où un programme de soutien de 60 milliards de dollars est bloqué.

Les circonstances ont fait pression sur les Etats membres pour qu'ils sortent de l'impasse après de multiples tentatives infructueuses.

Les détails spécifiques de l'accord de mercredi n'étaient pas immédiatement disponibles.

Les écarts importants dans l'aide apportée par les pays membres sont devenus une source de friction : selon l'Institut Kiel, l'Allemagne arrive en tête avec 17,7 milliards d'euros, suivie par le Danemark avec 8,4 milliards d'euros et les Pays-Bas avec 4,4 milliards d'euros. En revanche, trois des plus grands pays sont en bas de tableau : l'Italie (0,67 milliard d'euros), la France (0,64 milliard d'euros) et l'Espagne (0,33 milliard d'euros). Paris a contesté la méthodologie et fait valoir que ses dons bilatéraux s'élèvent à 2,61 milliards d'euros, ce qui est loin d'être le cas de Berlin.

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