Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

Quels sont les pays de l'UE qui expulsent le plus de citoyens étrangers ?

Euronews
Euronews Tous droits réservés  Europe in Motion
Tous droits réservés Europe in Motion
Par Alessio Dell'Anna & Léa Becquet
Publié le
Partager Discussion
Partager Close Button
Copier/coller le lien embed de la vidéo de l'article : Copy to clipboard Lien copié

Le nombre de migrants renvoyés dans leur pays d'origine a augmenté de près d'un cinquième dans l'ensemble de l'Union européenne, bien qu'il subsiste un écart important entre les ordres de rapatriement et les exécutions effectivement effectuées.

Quels sont les pays de l'Union européenne qui multiplient les rapatriements de migrants ? Selon les dernières données d'Eurostat, de plus en plus de migrants dans l'UE sont renvoyés dans leur pays d'origine, ou dans des pays tiers.

Au troisième trimestre 2025, près de 42 000 citoyens non-européens ont été expulsés par les États membres. Il s'agit d'une augmentation de 19 % par rapport à la même période en 2024, au cours de laquelle les États membres avaient procédé à quelque 35 000 rapatriements.

La grande majorité (82 %) des personnes expulsées ont quitté l'Union européenne, tandis que 18 % de ces retours ont été effectués vers d'autres pays de l'UE.

L'Allemagne, pays qui expulse le plus

Parmi les pays qui procèdent à le plus de rapatriements, c'est l'Allemagne qui arrive en tête. Le pays a même intensifié les expulsions. Au cours de l'année écoulée, Berlin a triplé le nombre de rapatriements pour atteindre près de 12 000 au troisième trimestre 2025, devançant ainsi la France, avec plus de 4 800 rapatriements.

La Belgique voisine semble prendre une direction similaire : les retours de citoyens non-européens ayant presque doublé entre le troisième trimestre 2024 (730) et le troisième trimestre 2025 (1 210).

Quelles sont les nationalités les plus renvoyées ?

Les plus grands nombres de rapatriements dans l'UE au troisième trimestre 2025 ont été signalés parmi les Algériens (12 325) et les Marocains (6 670).

Par rapport au trimestre précédent, les plus fortes augmentations concernent les citoyens turcs (+15 %), les Syriens (+9 %), les Russes (+7 %), les Géorgiens (+5 %) et les Albanais (+2 %).

Eurostat indique que 40 % de tous les retours ont été classés comme "forcés", ce qui signifie qu'une part importante des personnes ayant reçu un ordre de départ n'ont pas donné suite volontairement, mais ont été contraintes d'une manière ou d'une autre.

Ces chiffres varient toutefois considérablement d'un pays à l'autre de l'UE. Le Danemark affiche le taux le plus élevé de retours forcés (91 %), suivi de la Roumanie (82 %) et de la Bulgarie (80 %).

De son côté, l'Italie fait état d'un taux encore plus élevé de retours forcés (100 %). Toutefois, ce chiffre arrondi peut refléter des différences dans les pratiques de signalement entre les pays de l'UE, dans un contexte de procédures de rapatriement fragmentées.

Selon Eurostat, environ 77 % des retours s'accompagnent d'une forme d'aide financière. Il peut s'agir, par exemple, d'une aide à l'achat de billets ou d'allocations en espèces au départ ou à l'arrivée.

Peu d'ordres de rapatriement exécutés

Il existe un écart important entre le nombre de décisions de rapatriement émises par les États membres (115 440) et celles qui sont finalement exécutées (41 890), soit environ 36 % du total.

La France, par exemple, a émis le plus grand nombre de décisions, avec près de 34 000 au troisième trimestre 2025. Cependant, elle n'en a exécuté que 14 %, un taux similaire à celui de la Grèce (14 %) et légèrement supérieur à celui de l'Espagne (13 %).

Cet écart peut s'expliquer par plusieurs facteurs. Dans certains cas, les autorités ne sont pas en mesure d'établir le pays d'origine d'un migrant. Dans d'autres, les retours peuvent être retardés ou suspendus en raison de problèmes de santé ou parce qu'il s'agit d'un mineur non accompagné.

Au début du mois de décembre, les pays de l'UE ont approuvé un projet de législation visant à accélérer les retours. Dans ce nouveau cadre, les États membres seraient autorisés à conclure des accords bilatéraux avec des pays tiers pour établir des centres d'accueil de migrants à l'étranger. Ces centres seraient utilisés pour les accueillir pendant le traitement de leur demande et la vérification de leur statut.

Les organisations de défense des droits de l'homme estiment toutefois que l'éloignement de ces centres du territoire de l'UE pourrait donner lieu à des retours illégaux et à des détentions arbitraires.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

Migrants : la Belgique demande à l’UE de conditionner l’aide à l’augmentation des retours

Plus de 3 000 migrants sont morts en tentant de rejoindre l'Espagne par la mer en 2025

Les pays de l'UE intensifient les expulsions en signant un nouvel accord sur les centres de retour