Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

Hongrie : Viktor Orbán renforce les contrôles aux frontières après le début de la guerre en Iran

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán s'exprime lors d'une conférence de presse avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio à Budapest, le 16 février 2026.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán s'exprime lors d'une conférence de presse avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio à Budapest, le 16 février 2026. Tous droits réservés  AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par Sandor Zsiros
Publié le
Partager Discussion
Partager Close Button

Le Premier ministre hongrois a relevé le niveau d'alerte de sécurité du pays et a renforcé les contrôles aux frontières. Les analystes estiment qu'il utilise avec succès la guerre en Iran pour renforcer son parti avant les élections.

Viktor Orbán a ordonné, ce jeudi 5 mars, un renforcement des contrôles aux frontières pour les ressortissants étrangers à la suite des frappes américano-israéliennes sur l'Iran. Il a affirmé que le conflit armé au Moyen-Orient présentait des risques pour la Hongrie en termes de prix de l'énergie et de sécurité nationale.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Samedi dernier, déjà, il avait réuni son cabinet de sécurité et a relevé d'un niveau l'alerte terroriste dans le pays.

"Des organisations terroristes originaires du Moyen-Orient se sont établies et renforcées en Europe occidentale. Nous nous attendons à ce qu'elles activent des cellules terroristes dans toute l'Europe. Nous protégerons la paix et la sécurité de la Hongrie dans cette situation. Nous avons donc renforcé les contrôles sur le trafic de passagers étrangers arrivant en Hongrie", a annoncé le Premier ministre.

Les détails de ces contrôles n'étaient pas immédiatement disponibles. La semaine dernière, il avait également ordonné aux soldats et à la police de protéger les principales infrastructures énergétiques de la Hongrie, craignant une attaque de l'Ukraine.

Viktor Orbán se veut le garant de la sécurité

Avec cette annonce, le Premier ministre hongrois conforte ainsi sa stratégie électorale pour les prochaines législatives, qui se concentre sur les questions de sécurité. Une stratégie qui pourrait fonctionner et se traduire par une victoire dans les urnes, selon les analystes.

"Le conflit avec l'Iran accentue l'incertitude, ce qui correspond à l'idée que l'environnement est instable et que la sécurité est assurée par le gouvernement et le Fidesz", a déclaré Bulcsú Hunyadi, analyste politique à l'Institut hongrois du capital politique. "Cela peut également être facilement lié à l'importance du pétrole russe arrivant par l'Ukraine, dans un contexte d'incertitude croissante sur les marchés de l'énergie", précise-t-il.

La Hongrie devra voter le dimanche 12 avril pour des élections législatives dans lesquelles le parti d'opposition Tisza, mené par Péter Magyar, devance le Fidesz de Viktor Orbán, qui gouverne la Hongrie avec une majorité parlementaire absolue depuis 2010.

Sécurité énergétique

Dans cette même prise de parole, Viktor Orbán a également abordé la guerre en Ukraine avec l'oléoduc Droujba, une artère critique pour l'approvisionnement énergétique de la Hongrie. L'oléoduc a été touché par une attaque russe présumée à la fin du mois de janvier et n'a pas été réparé depuis.

La Hongrie bloque actuellement le paquet de prêts de 90 milliards d'euros de l'Union européenne à l'Ukraine en raison du différend sur cet oléoduc. Budapest accuse Kyiv de chantage politique. De son côté, l'Ukraine a déclaré qu'un cessez-le-feu avec la Russie était une condition préalable aux réparations.

Dániel Hegedűs, directeur adjoint de l'Institut pour la politique européenne à Berlin, a déclaré que la question de Droujba pourrait également jouer en faveur de Viktor Orbán. "Les développements actuels menacent fondamentalement la sécurité énergétique de la Hongrie, et je pense que les gens se demandent s'il ne serait pas dans leur intérêt que l'Ukraine redémarre les transferts à court terme", explique-t-il.

Toutefois, la crise énergétique plus large en Europe pourrait se retourner contre le gouvernement hongrois si les prix restent élevés dans les semaines à venir. C'est notamment pour cette raison que le parti Tisza mène une campagne acharnée sur la question de l'inflation et du coût de la vie.

"On peut blâmer l'Ukraine, l'Iran, les États-Unis et l'Union européenne à court terme. Mais si le gouvernement promet de protéger les gens et qu'il ne le fait pas dans la pratique, cela pourrait facilement se retourner contre lui. À long terme, je pense qu'il y a de réels risques pour le gouvernement", assure Dániel Hunyadi.

Il a également noté qu'il existe un décalage entre l'image de Donald Trump, allié de Viktor Orban, qui se veut comme un président de la paix, mais qui a initié la guerre avec l'Iran, la semaine passée. Cependant, selon l'expert, cela ne sera pas nécessairement néfaste pour le Premier ministre hongrois.

"Cela pourrait provoquer une dissonance cognitive dans la campagne s'il y avait une personnalité politique qui choisissait de l'exploiter. Jusqu'à présent, je n'ai pas vu Tisza en faire une question majeure", explique Dániel Hunyadi, qui ajouté que le parti de Péter Magyar continue de se concentrer sur les préoccupations nationales et a, jusqu'à présent, évité de s'aventurer sur le terrain de la politique étrangère.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

Vérification des faits : l'UE a-t-elle ignoré le veto hongrois sur le prêt de 90 Md € à l'Ukraine ?

Comment la Hongrie a détourné Bruxelles et Kyiv avec un double veto laissant l'Ukraine dans l'incertitude

Prêt à l'Ukraine: les ministres de l'UE se réunissent face au blocage de la Hongrie