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"Loin de l'union", "un repoussoir absolu" : la candidature Mélenchon 2027 ne séduit pas à gauche

Jean-Luc Mélenchon et Sébastien Delogu, candidat de LFI à la mairie de Marseille, assistent à un meeting de campagne électorale à Marseille, le 7 mars 2026.
Jean-Luc Mélenchon et Sébastien Delogu, candidat de LFI à la mairie de Marseille, assistent à un meeting de campagne électorale à Marseille, le 7 mars 2026. Tous droits réservés  Philippe Magoni/Copyright 2025 The AP. All rights reserved
Tous droits réservés Philippe Magoni/Copyright 2025 The AP. All rights reserved
Par Serge Duchêne
Publié le
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Déjà que les alliances nouées dans l’entre-deux-tours des municipales avec LFI ont été critiquées par certains au centre-gauche, le soutien au leader insoumis pour la campagne de la présidentielle de l'année prochaine semble encore plus fugace. L'idée d'une primaire à gauche refait surface.

Si Jean-Luc Mélenchon pouvait se targuer d'un taux d'audience exceptionnel lors de l'annonce, il est vrai, sans trop de surprise, de sa candidature pour la présidentielle du 2027, ce dimanche 3 mai, et même annoncer "une nouvelle France médiatique" sur X, avant de revendiquer, le lendemain, 150 000 signatures de soutien, son enthousiasme est loin d'être partagé par l'ensemble de la gauche non-LFI.

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Déjà, plusieurs rappelaient à Jean-Luc Mélenchon ses trop nombreuses "promesses" de "dernière candidature". "Je n’aspire pas à renouveler sans cesse le même rôle", disait-il en 2022 ; "Il est évident que c’est ma dernière candidature. C’est même un argument en ma faveur : je suis le seul à ne pas organiser une carrière", assurait-il l'année précédente, comme relève, dans son tweet, Edwy Plenel.

"Après un magistral “faites mieux” en 2022, Jean-Luc Mélenchon ne résiste finalement pas à se présenter une quatrième fois à l'élection présidentielle", a commenté sur X le porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale Romain Eskenazi.

Jérôme Guedj, l'ancien assistant parlementaire du chef de file de la gauche radicale, devenu depuis son "contempteur notoire", selon BFMTV, dénonçait, lui, sur TF1, un "non-évènement". "Il n’y a pas que Jean-Luc Mélenchon dans la vie politique", a déclaré sur TF1 le député socialiste, lui-même candidat à l’Élysée, même si "l'on sait qu’il pense qu’il est l’homme providentiel".

"Plus personne ne veut de Jean-Luc Mélenchon, ni à gauche, ni dans le pays", critiquait sur franceinfo, lundi, Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste (PS), parlant d'une "éternelle tournée d'adieu qui devait s'arrêter et qui finalement ne s'arrête pas". C'est "l'homme politique le plus détesté de ce pays", tacle-t-il. "C'est la meilleure assurance vie de l'extrême droite", puisqu'il "a fracturé le pays, il a fracturé la gauche, il met sous tension de manière permanente".

"Le rejet de la personne de Mélenchon risque d'être un accélérateur de la victoire du RN", rajoute Alexis Corbière, un autre ancien allié. "Le mandat que les gens vont donner, ce sera à quelqu'un qui peut battre le RN au second tour. Et là-dessus, Jean-Luc Mélenchon n'est pas celui qui optimise cet impératif. Il le complique", analyse-t-il dans Le Parisien.

"J'en veux à Jean-Luc Mélenchon d'imposer sa candidature, loin de l'union", déclarait, mardi, Clémentine Autain, députée du groupe Écologiste et Social.

"Il y a un passif qui s'est aggravé avec ses propos antisémites, son communautarisme, son rapport aux forces de l'ordre, à l'injure envers les dirigeants politiques. C'est un repoussoir absolu pour certains électeurs progressistes", a déclaré Sacha Houlié, député du groupe Socialistes et apparentés, enfonçant le clou.

Le "nouveau" Nouveau front populaire sur les rails ?

Les opposants à la candidature du patron de LFI avancent qu'il n'est jamais parvenu à se qualifier pour le second tour. En 2017 (19,58%) et 2022 (21,95%), il lui a manqué quelques centaines de milliers de voix pour s'y inviter.

Un argument massue, le "JLM" est à ce stade le candidat le plus rejeté par l'électorat, avec 81 % de votants qui seraient mécontents en cas de victoire de l'insoumis en 2027, selon une enquête menée en avril par Ipsos BVA auprès de plus de 10 000 électeurs.

Evidemment prise de vitesse par l'annonce dominicale de l'homme fort de la gauche radicale, la gauche non-mélenchoniste tente d'organiser ses rangs.

Réunis à Paris, mardi, pour marquer le 90e anniversaire du Front populaire, les partisans de la tenue de primaires au sein des forces de gauche ont défendu la "vraie union", qu'ils considèrent comme la seule stratégie susceptible d'assurer la victoire en 2027.

Les promoteurs de l'initiative "Front populaire 2027" ont martelé la nécessité d'une primaire, alors que celle-ci est mal engagée.

"La question est de savoir si ce 5 mai, c'est le chant du cygne ou le sursaut", a déclaré l'ex-insoumise Clémentine Autain (L'Après), candidate à la primaire. Ce processus, prévu pour le 11 octobre, "a du plomb dans l'aile", a-t-elle reconnu, "mais je ne vois pas d'autres solutions démocratiques".

Devant 1 200 personnes selon les organisateurs, l'ex-candidate du Nouveau Front populaire pour Matignon, Lucie Castets, a assuré que "cette primaire n'est pas une chimère". "Nous sommes prêts, nous avons une organisation et les moyens de mobiliser des millions d'électeurs", a-t-elle affirmé.

François Ruffin (Debout !), également candidat déclaré qui revendique déjà 100 000 soutiens, a lui aussi défendu "l’unité de la gauche". "Aujourd’hui encore, les trois quarts des électeurs de gauche disent : nous voulons une candidature commune menée par une primaire", a-t-il assuré. "Nous aurons besoin d’une force commune."

"87 % des électeurs socialistes et 89 % de ceux des Écologistes veulent la primaire", a affirmé, de son côté, la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier.

Sources additionnelles • AFP, franceinfo, BFMTV

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