Le patron de LR, ancien ministre de l'Intérieur, se jette à l'eau en s'appuyant sur ses thèmes de prédilection : l’immigration et la sécurité.
Dans une allocution diffusée en direct sur YouTube, Bruno Retailleau, président des Républicains, a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, s'engageant à organiser un référendum sur la question de l'immigration s'il était élu.
“J'ai décidé de me présenter à l'élection présidentielle”, a déclaré l’ancien ministre de l’Intérieur d'Emmanuel Macron dans un discours promettant de "refuser de laisser notre pays dans l'état où il se trouve aujourd'hui”.
Un candidat "par devoir"
“Je ne veux pas être président de la République par obsession du pouvoir, mais par sens du devoir”, a-t-il ajouté. “Pour faire face au désordre mondial, notre pays doit d'abord mettre de l'ordre dans ses affaires.”
Une annonce qui survient à quelques semaines des élections municipales de mars 2026, alors que l'espace se resserre sur la droite de l'échiquier politique.
Depuis sa démission du gouvernement en octobre 2025, le président des LR s'est fait discret. Bruno Retailleau revient désormais sur le devant de la scène. Après un long entretien paru dans le Figaro et une annonce sur YouTube, il est passé au 20 h de TF1 ce jeudi 12 février pour détailler ses propositions.
"Je veux changer la Constitution"
"Je serai le président de la loi et de l'ordre, de la justice et de la fierté française", a déclaré Retailleau ce jeudi.
Il s'est engagé à recourir à des référendums pour promulguer de nouvelles lois, en commençant par un vote visant à " réduire drastiquement l'immigration".
D'autres référendums porteraient sur la réforme du système pénal et "rétabliraient la primauté de notre droit national chaque fois qu'il s'agit de protéger nos intérêts fondamentaux", a-t-il annoncé.
Cependant, la Constitution française interdit le recours aux référendums sur les questions liées à l'immigration ou à la justice. Sur le plateau de Gilles Bouleau, le patron de LR a proposé une solution pour contourner cet obstacle : "Je veux changer la Constitution", a-t-il déclaré, ajoutant que "si l'on veut changer les choses" en matière d'" ensauvagement" [de la société] – un terme associé au discours d'extrême droite –,"il faut des sanctions" et que "la loi ne suffira pas".
Le tout frais candidat a également promis mettre en œuvre une "politique familiale audacieuse" et une réforme de l'éducation pour lutter contre les inégalités, tout en rejetant certaines "lois sociétales", dont a GPA.
Redevenu sénateur de Vendée, le 13 novembre 2025, après son départ de la place Beauvau, Bruno Retailleau entame un nouveau chapitre dans sa carrière. Agé de 65 ans, il a connu une notoriété tardive en occupant la fonction de ministre de l’Intérieur entre le 21 septembre 2024 et le 12 octobre 2025. Une période durant laquelle il a été présent au sein de trois gouvernements : Barnier, Bayrou et Lecornu.
Son passage au ministère de l’Intérieur, de 2024 à 2025, a été marqué par un discours de plus en plus ferme sur l’immigration et par des tensions avec l'Algérie – bien que la politique étrangère ne relève pas de ses compétences – au sujet du refus d'Alger de reprendre ses ressortissants ayant commis des actes de délinquance ou s'étant radicalisés au sein de l'Union européenne.
Un sondage réalisé le mois dernier a révélé que Retailleau était le candidat potentiel le plus populaire parmi les partisans de son camp.
Qui sont les candidats déclarés et autres présidentiables ?
Retailleau, 65 ans, devient le dernier poids lourd à se lancer dans la course, alors qu'Emmanuel Macron ne peut plus se représenter.
Les spéculations sur les futurs candidats vont bon train.
Maire du Havre et candidat à sa propre succession lors des prochaines municipales, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe (Horizons) a été le premier à dévoiler ses ambitions, annonçant sa candidature en septembre 2024.
Un autre ancien Premier ministre, Gabriel Attal, pourrait également entrer dans la course.
Dominique de Villepin, Michel Barnier, Xavier Bertrand, Gérald Darmanin, David Lisnard et Laurent Wauquiez font partie des figures de droite qui pourraient tenter de briguer le poste suprême.
Du côté de l'extrême droite, c'est l'incertitude alors que Marine Le Pen joue son avenir politique devant la justice.Celle qui est arrivée au second tour lors des deux dernières élections présidentielles (2017 et 2022) pourrait ne pas figurer sur le bulletin en 2027.
Alors que le parquet a requis quatre ans de prison, dont un an ferme, et cinq ans d’inéligibilité sans exécution immédiate, la décision de la cour pourrait empêcher la leader d'extrême droite de se présenter. La décision est attendue le 7 juillet prochain.
Si la cour confirme son inéligibilité, Marine Le Pen a déclaré que Jordan Bardella prendrait sa place. Un sondage réalisé en novembre prédisait que, s'il se présentait, Jordan Bardella remporterait le second tour de l'élection de 2027, quel que soit son adversaire. Ce dernier a d'ailleurs réagi avec ironie à l'annonce de Bruno Retailleau sur X, lui attribuant la hausse des titres de séjour délivrés en 2025.
Éric Zemmour, de Reconquête, qui avait obtenu 7 % des voix en 2022, devrait être lui aussi candidat.
À gauche, où les lignes restent fragmentées, les candidatures potentielles sont nombreuses. La secrétaire nationale Les Écologistes a aussi officiellement annoncé sa candidature, le 22 octobre 2025. Marine Tondelier devrait représenter les Écologistes lors d'une primaire de la gauche, si celle-ci se tient.
Le socialiste Jérôme Guedj a annoncé son entrée en lice, sans passer par une primaire.
Par ailleurs, une quatrième candidature de Jean‑Luc Mélenchon (LFI) est largement anticipée.