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Affaire Jonathan Coulom : le procès du serial killer allemand Martin Ney s'ouvre en France

Jonathan Coulom, avis de recherche affiché à l'époque des faits
Jonathan Coulom, avis de recherche affiché à l'époque des faits Tous droits réservés  Capture d'écran
Tous droits réservés Capture d'écran
Par Jean-Philippe Liabot
Publié le Mis à jour
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22 ans après le meurtre du petit Jonathan Coulom en Loire-Atlantique, le procès de son meurtrier présumé, le tueur en série allemand Martin Ney, s'ouvre ce mardi en France.

Vingt-deux ans après la disparition tragique du petit Jonathan Coulom, âgé de 10 ans, le box des accusés de la cour d'assises de Nantes s'apprête à accueillir un profil terrifiant : Martin Ney.

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Ce citoyen allemand âgé de 55 ans, déjà condamné à la réclusion criminelle à perpétuité dans son pays d'origine, est aujourd'hui jugé en France pour l'enlèvement, la séquestration et le meurtre du jeune garçon, survenus au printemps 2004 à Guérande en Loire-Atlantique.

Pour la famille de la petite victime ainsi que pour les enquêteurs de la section de recherches de Rennes qui n'ont jamais abandonné, ce procès est l'aboutissement d'une traque internationale fastidieuse.

Pour la famille de Jonathan, ce procès représente peut-être la fin d'un "très long parcours judiciaire", a déclaré à l'Agence France Presse l'avocate de la grand-mère du petit garçon, partie civile au procès.

"Ce que l'on pourrait espérer, mais sans trop y croire, c'est qu'enfin Martin Ney prenne ses responsabilités et donne des explications", a-t-elle ajouté.

Tout commence une nuit d'avril 2004

L’affaire débute dans la nuit du 7 au 8 avril 2004 à Saint-Brevin-les-Pins, en Loire-Atlantique. Jonathan élève d'un CM1-CM2, disparaît pendant une classe de mer alors qu’il dort dans un centre de vacances. Sa disparition déclenche d’importantes recherches, impliquant des centaines de militaires et gendarmes.

Le corps du garçon n'est retrouvé que le 19 mai mai, soit six semaines plus tard dans l'étang privé d'une propriété à Guérande, à une trentaine de kilomètres du lieu de sa disparition. Ligoté avec des nœuds marins et lesté d’un parpaing, l’enfant est mort par suffocation et non par noyade selon l’autopsie pratiquée.

Les enquêteurs privilégient d’abord la piste d’un suspect local, susceptible de connaître l’existence de l’étang isolé où le corps a été retrouvé. Des dizaines de personnes sont soumises à des prélèvements ADN et de vastes enquêtes de voisinage sont menées dans la région.

Mais malgré des années d’enquête et des milliers de témoignages, les investigations restent longtemps sans issue avant qu’une coopération franco-allemande ne fasse émerger un nouveau suspect.

Pour comprendre comment la justice a remonté le fil jusqu'à Martin Ney, il faut se plonger dans les archives criminelles allemandes. Outre-Rhin, les médias l'avaient rapidement surnommé « l'homme en noir » ou « le tueur au masque » (Maskenmann).

Né en 1970, cet ancien éducateur et travailleur social originaire du nord de l'Allemagne a semé la terreur entre 1992 et 2004, agissant avec une discipline et une froideur qui ont longtemps dérouté la police allemande.

Son modus operandi, minutieusement documenté par la justice se son pays, était implacable. Martin Ney ciblait des camps de vacances, des internats ou des bases de loisirs isolées en pleine nature. Il passait des jours à repérer les lieux, s'introduisait la nuit dans les dortoirs des enfants, vêtu de vêtements sombres, d'une cagoule et armé d'un couteau. Il enlevait ou agressait sexuellement de jeunes garçons, profitant de la pénombre et du sommeil des autres enfants pour s'évanouir dans les bois sans laisser la moindre trace.

L'avis de recherche concernant Martin Ney diffusé par les enquêteurs de Rennes
L'avis de recherche concernant Martin Ney diffusé par les enquêteurs de Rennes Capture écran

Après une traque de près de vingt ans, le masque tombe enfin en 2011 grâce à de nouvelles analyses d'indices et des témoignages clés. En 2012, Martin Ney est condamné par le tribunal de Verden à la prison à vie pour les meurtres commis en Allemagne de trois enfants (Stefan, Dennis et Mitchell, âgés de 9 à 13 ans) et pour une quarantaine d'agressions sexuelles de mineurs.

Des aveux à un compagnon de cellule

Si Martin Ney a longtemps nié toute implication hors des frontières allemandes, tout bascule en 2018. Un codétenu en Allemagne contacte les autorités : le tueur en série se serait confié à lui. Au cours de ces confidences, le tueur a livré des détails précis et jusqu'alors confidentiels sur le meurtre d'un petit garçon en France, mentionnant la date, la région de la Loire-Atlantique et le mode opératoire, notamment le lestage du corps de Jonathan.

Ces révélations accélèrent l'instruction française. En 2021, après une longue bataille administrative et judiciaire, Martin Ney est temporairement extradé vers la France pour y être interrogé et finalement mis en examen.

Ce mardi 19 mai, jour anniversaire de la découverte du corps de l'enfant il y a 22 ans, face aux jurés, à la famille de Jonathan et aux experts, c’est toute la mécanique glaçante d'un tueur en série qui sera disséquée.

Le procès doit durer 13 jours et Martin Ney risque une nouvelle fois la réclusion criminelle à perpétuité.

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