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Prêt de 90 milliards d’euros : Ursula von der Leyen annonce un premier versement à l’Ukraine

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen Tous droits réservés  Union européenne, 2025
Tous droits réservés Union européenne, 2025
Par Jorge Liboreiro & Vincent Reynier
Publié le
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Ce premier versement de 3,2 milliards d’euros aidera à couvrir les besoins financiers et budgétaires de Kyiv. Un second paiement d’environ 6 milliards pour les drones est attendu dans les prochains jours.

L'Ukraine a reçu 3,2 milliards d'euros dans le cadre du prêt de soutien de 90 milliards d'euros accordé par l'Union européenne, a annoncé jeudi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

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Ce premier versement doit aider à combler les lacunes budgétaires de Kyiv et à garantir sa stabilité financière. Un deuxième paiement, dédié à la production de drones et d'un montant d'environ 6 milliards d'euros, devrait être annoncé dans les prochains jours.

Cette annonce intervient alors que l'Ukraine reprend l'initiative sur le champ de bataille face aux troupes russes et que la machine de guerre de Moscou montre des signes croissants d'essoufflement.

"Aujourd'hui, nous versons la première tranche au titre de ce prêt, chère Ioulia, il s'agit exactement de 3,2 milliards d'euros d'assistance macrofinancière", a déclaré jeudi Ursula von der Leyen à la Première ministre ukrainienne Ioulia Svyrydenko.

"C'est véritablement la solidarité en acte. Cela montre que le soutien de l'Europe à l'Ukraine s'inscrit dans la durée", a ajouté la présidente de la Commission, en marge de la conférence pour la reconstruction de l'Ukraine à Gdańsk, en Pologne.

Un parcours du combattant

Cette annonce marque un tournant après six mois de bras de fer politique pour mettre ce prêt sur les rails.

Les 27 dirigeants de l'UE ont approuvé ce paquet d'aide exceptionnelle en décembre, après qu'une proposition visant à puiser dans les avoirs russes immobilisés a capoté in extremis.

Faute de mieux, ils ont choisi de mettre en place ce prêt de 90 milliards d'euros via une dette commune. La Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque ont négocié une dérogation au dispositif.

Bruxelles a accéléré les préparatifs techniques et juridiques pour lancer les versements le plus rapidement possible et éviter que le gouvernement de Kyiv, à court de liquidités, ne se retrouve en défaut de paiement.

Mais fin février, alors que l'invasion de la Russie s'apprêtait à entrer dans sa quatrième année, Viktor Orbán, alors Premier ministre hongrois, a stupéfié ses homologues en opposant un veto surprise au dernier texte législatif, en raison d'un différend avec l'Ukraine, sans rapport avec ce prêt, portant sur l'oléoduc Droujba.

Ce veto a déclenché un échange de reproches entre Budapest et Kyiv, Bruxelles se retrouvant prise en tenaille. L'impasse n'a été levée que fin avril, après la cuisante défaite d'Orbán aux élections législatives hongroises.

Ursula von der Leyen : "Une Ukraine forte et indépendante est dans l'intérêt de tous"

Aujourd'hui, six mois après le sommet décisif de décembre, l'UE est enfin en mesure de commencer à transférer les fonds.

Les 3,2 milliards d'euros représentent le premier versement d'une série de paiements qui seront échelonnés jusqu'à la fin de l'année. Pour 2026, Bruxelles a prévu 45 milliards d'euros, dont 16,7 milliards pour le soutien financier et 28,3 milliards pour l'aide militaire.

Les versements seront conditionnés à la poursuite des réformes à Kyiv, et tout recul dans la lutte contre la corruption pourrait entraîner une suspension temporaire de l'aide.

En particulier, la composante militaire du prêt sera assortie de conditions pour garantir qu'elle profite à des armes et munitions fabriquées en Europe.

En revanche, le prochain décaissement de 5 milliards d'euros sera exempté de cette obligation, car l'Ukraine doit acheter certains composants en Chine pour fabriquer ses drones à bas coût.

Kyiv cherche également des moyens de se procurer des systèmes de défense antiaérienne Patriot fabriqués aux États-Unis. On ignore pour l'heure si le prêt européen pourrait être utilisé ultérieurement à cette fin.

Les 45 milliards d'euros restants sont réservés à l'année 2027 et doivent couvrir les deux tiers des besoins de financement de l'Ukraine. Les alliés occidentaux sont censés prendre en charge le tiers restant.

"Nous continuons d'appeler tous nos partenaires à maintenir leur soutien, car une Ukraine forte et indépendante est dans l'intérêt de tous", a déclaré jeudi Ursula von der Leyen. "Notre ambition n'est pas seulement d'aider l'Ukraine à tenir, mais de l'aider à se développer et à prospérer en tant que pays libre et européen".

Les 24 États membres qui participent à cet emprunt commun devraient s'acquitter d'environ 3 milliards d'euros d'intérêts par an.

Il ne sera demandé à l'Ukraine de rembourser le prêt de 90 milliards d'euros que si la Russie accepte un jour de verser des réparations de guerre, une perspective que Moscou rejette catégoriquement.

La Commission souligne qu'elle se réserve le droit d'utiliser les 210 milliards d'euros d'avoirs immobilisés de la Banque centrale de Russie en l'absence de réparations.

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