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"C'est possible": réduire les émissions de 18 % en 4 ans pour freiner le réchauffement

Sur cette photo du 18 septembre 2021, des fumées s'échappent des cheminées de la centrale au charbon Jeffrey Energy Center, à Emmett, Kansas, États-Unis.
Sur cette photo d'archives prise samedi 18 septembre 2021, de la fumée s'échappe des cheminées de la centrale à charbon Jeffrey Energy Center, près d'Emmett, aux États-Unis -  Tous droits réservés  AP Photo/Charlie Riedel, File
Tous droits réservés AP Photo/Charlie Riedel, File
Par Ruth Wright avec AFP
Publié le
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"*Chaque fraction supplémentaire de degré et chaque année de réchauffement au-delà de 1,5°C accroît les impacts et risques climatiques, comme les inondations meurtrières, les vagues de chaleur et les incendies de forêt qui ont frappé de nombreux pays cette année*"

Le monde évolue dans la bonne direction en dépendant moins des combustibles fossiles et davantage des énergies renouvelables, ce qui permet de réduire les émissions qui réchauffent la planète et provoquent des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses partout en Europe.

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Mais il faut aller beaucoup plus vite et investir bien davantage pour réduire les émissions de carbone, selon un nouveau rapport majeur publié aujourd'hui par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

Ce rapport met en lumière le fossé entre les discours et l'action face au réchauffement climatique, ainsi que le défi qui attend les responsables politiques lors du sommet sur le climat de la COP31 en novembre.

Les engagements mondiaux pour réduire les émissions responsables du réchauffement de la planète restent très loin des objectifs climatiques fixés par l'accord de Paris et placent le monde sur une trajectoire de réchauffement de 2,6°C d'ici la fin du siècle. Mais il reste de l'espoir.

Le rapport examine un scénario de dépassement minimal de 1,5°C, dans lequel le pic de réchauffement est limité entre 1,7°C et 1,8°C.

Pour emprunter cette trajectoire, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) devraient diminuer de 18 % d'ici 2030, de 45 % d'ici 2035 et de 69 % d'ici 2040 par rapport aux niveaux de 2025. Il faudra retirer à grande échelle le CO2 de l'atmosphère pour ramener le réchauffement à 1,5°C ou en dessous.

Les politiques actuelles nous mènent vers 2,8°C de réchauffement

Même si les pays respectent intégralement leurs derniers engagements climatiques, les températures mondiales pourraient encore augmenter de 2,6°C par rapport aux niveaux préindustriels d'ici 2100, indique le rapport annuel Emissions Gap Report.

Cela dépasserait largement l'objectif historique adopté à Paris : maintenir le réchauffement nettement en dessous de 2°C tout en visant un seuil plus sûr de 1,5°C. Toute chance de rester à 1,5°C est désormais perdue après des décennies d'action climatique insuffisante, souligne le rapport.

"Le monde ne peut plus éviter de dépasser la limite de 1,5 degré, et les conséquences sont déjà dévastatrices", déclare le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, dans un communiqué publié pour lancer ce rapport très suivi.

"Des inondations meurtrières, des vagues de chaleur brutales, des feux de forêt incontrôlés, des vies perdues, des économies paralysées, des inégalités qui se creusent, et ceux qui sont le moins responsables souffrent les premiers et le plus durement".

Globalement, les émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2025 sont restées proches des niveaux records de 2024, la différence entre les deux années étant trop faible pour être significative, selon le rapport.

Les émissions de carbone liées uniquement à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz — les principaux moteurs du changement climatique — ont légèrement augmenté en 2025 par rapport à l'année précédente.

Guterres affirme que des réductions profondes et immédiates sont nécessaires pour protéger l'humanité des impacts qui s'aggravent, mais que, au lieu de cela, "les émissions restent à des niveaux records. Et les plans climatiques nationaux comme les politiques actuelles sont dangereusement insuffisants".

Si l'on s'en tient aux seules politiques actuelles, le réchauffement atteindrait 2,8°C, prévient le rapport.

Dépasser 1,5°C est désormais inévitable

Les scientifiques avertissent que chaque fraction de degré supplémentaire au-delà de 1,5°C accroît les phénomènes météorologiques extrêmes et le risque de changements irréversibles pour la planète, des récifs coralliens qui dépérissent au pergélisol qui fond.

Le monde s'est déjà réchauffé d'environ 1,4°C par rapport à l'ère préindustrielle et le dépassement du seuil de 1,5°C est attendu dans les prochaines années.

Le G20 représente les trois quarts des émissions mondiales, mais Guterres estime que "tous les pays, en particulier les grands émetteurs, doivent en faire davantage" pour enrayer le réchauffement de la planète.

Cette dernière projection du PNUE sur le réchauffement est plus sombre que celle de l'an dernier en raison du retrait officiel des États-Unis de l'accord de Paris et de la révision à la hausse des émissions historiques, explique Anne Olhoff, coautrice du rapport.

La croissance des émissions a ralenti au sein du G20, mais les États-Unis ont constitué une "exception majeure", ajoute-t-elle.

Parmi les six plus grands émetteurs au monde, des données préliminaires pour 2025 montrent une hausse des émissions aux États-Unis, en Indonésie et en Chine, et une baisse en Inde, en Russie et au sein de l'Union européenne (UE).

Mais en termes d'ampleur, la hausse enregistrée aux États-Unis, de 133 mégatonnes de CO2 équivalent, a "largement dépassé" celle de tout autre pays, portée par une demande accrue d'électricité et un regain de la production d'énergie à partir du charbon.

La deuxième plus forte hausse a été constatée en Turquie, qui accueillera le sommet sur le climat de l'ONU à Antalya du 9 au 20 novembre.

Les États-Unis sont le deuxième plus grand pollueur au monde, derrière la Chine. Le président américain Donald Trump a qualifié le changement climatique de supercherie et a démantelé des politiques en faveur des énergies propres tout en soutenant la production de combustibles fossiles.

La secrétaire exécutive du PNUE, Inger Andersen, a déclaré aux journalistes qu'aucun pays n'était à l'abri du changement climatique et que ses effets se faisaient sentir "dans chaque nation de la planète, y compris aux États-Unis".

Moins de charbon et des émissions de méthane réduites

Le rapport détaille un scénario qui offre 50 % de chances de ramener le réchauffement global à 1,5°C d'ici 2100.

Pour y parvenir, le réchauffement doit culminer autour de 1,8°C d'ici 2050 et il faudra retirer de l'atmosphère d'immenses quantités de dioxyde de carbone pour faire redescendre encore les températures.

La production d'électricité à partir du charbon devrait diminuer d'au moins 75 % en 2035 par rapport à 2025 et être quasiment abandonnée dans le monde entier d'ici 2040.

Les émissions de méthane devraient être au moins 25 % inférieures aux niveaux de 2025 d'ici 2035 et au moins 40 % inférieures d'ici 2040.

"L'essentiel est simple — les gouvernements doivent enfin mettre en œuvre des politiques qui réduisent l'utilisation des combustibles fossiles le plus vite possible", explique Bill Hare, directeur général de l'institut de politique mondiale Climate Analytics.

Certains pays en développement particulièrement vulnérables au climat accusent les grands émetteurs d'avoir renoncé aux objectifs de Paris et un bras de fer autour du seuil de 1,5°C est attendu à la COP31.

"C'est un échec historique du leadership politique. La science est claire depuis des décennies, mais les gouvernements ont choisi de retarder l'action plutôt que d'agir. Les conséquences se mesureront en vies perdues, pas seulement en degrés de réchauffement", estime Mohamed Adow, directeur du groupe de réflexion kényan Power Shift Africa.

Guterres reconnaît qu'il existe un "vide de leadership" sur le climat, mais assure que dépasser 1,5°C "n'est pas une reddition".

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