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Travailleurs humanitaires: des cibles en RCA

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Par Euronews
Travailleurs humanitaires: des cibles en RCA
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“Le taux de mortalité infantile est scandaleux, ce sont des taux absolument anormaux. Trop de gens meurent de la malaria aussi. La malaria est le premier tueur de la planète, tout le monde le sait. Mais si les patients ont la chance de pouvoir arriver à une structure de santé, d‘être pris en charge correctement, ils ne vont pas mourir. Mais il faut au moins leur laisser cette chance. Et il y a beaucoup d’endroits en RCA actuellement où ils n’ont même pas cette chance. Quand début octobre nous avons eu des incidents assez sérieux sur Bangui, notre action a été mise en danger. Nous même avons été mis en danger. Nous avons été instrumentalisés. Nous n’avons pas pu travailler.
Les patients n’ont pas pu atteindre les structures de santé. Et donc des gens sont morts de ne pas avoir pu parfois faire 500 mètres pour aller dans une structure de santé. Ca c’est un point. L’autre point c’est que depuis une année à peu près, on s’aperçoit que l’espace humanitaire, qui est normalement une espèce de bulle qui entoure les travailleurs humanitaires, cet espace s’est réduit.

"Notre action a été mise en danger. Nous n'avons pas pu travailler. Des gens sont morts de ne pas avoir pu parfois faire 500 mètres pour aller dans une structure de santé."

On avait la chance de bénéficier d’une espèce d’immunité liée à notre action humanitaire, et cette immunité s’est rétrécie comme une peau de chagrin. Parce que la situation est très difficile pour beaucoup de gens. Que beaucoup d’anciens combattants se retrouvent aujourd’hui ni démobilisés, ni désarmés , ni réintégrés. Je peux dire par là que le système dit de DDR n’a jamais commencé. Donc tous ces gens sont dans la nature. Beaucoup d’entre eux avaient rejoint les rangs des Anti Balaka ou des Seleka, peut-être pour l’adrénaline, peut-être un peu pour des convictions, et puis aussi pour une occasion de gagner un peu d’argent. Il y en a pas mal qui ont vu leurs espoirs déçus. Aujourd’hui ils essaient toujours de gagner leur vie.
Alors il y a des cibles qui sont toutes trouvées.
Les humanitaires sont des gens qui ont des voitures, qui ont de largent, qui ont des téléphones, qui ont des ordinateurs, qui ont des vétements, des médicaments, qui transportent du carburant… Cela fait de nous clairement des cibles.
Que ce soit Médecins sans Frontières, que ce soit le Programme Alimentaire mondial,, que ce soit toute autre organisation, il y a beaucoup, beaucoup d’incidents.
Et le plus récent est arrivé hier. Hier vers 12h45 il y a une voiture d’une ong qui a disparu sur un axe. Et on a retrouvé cette voiture aujourd’hui dans la fôret. Et le chauffeur poignardé, et le patient qui était un enfant poignardé aussi. Heureusement ils sont toujours en vie. Ils sont sur un bloc d’opérations à Bangui, ils ont été rapatriés à Bangui. Et on ne sait pas pourquoi c’est arrivé. La voiture c’était ces fameux land cruiser blancs que nous utilisons, il y avait les marques de l’ong dessus. Pourquoi ont-ils été attaqués ? On leur a volé les téléphones, des choses comme cela. Mais souvent les actions sont sans commune mesure avec l’espérance de gain ou de butin. L’exemple le plus ridicule c’est un camion de MSF qui se fait stopper à une barrière, les types ouvrent les portes arrière du camion, dans lequel il y avait beaucoup de choses. Et finalement ce qu’ils ont pris ce sont 5 barres de savon. Cinq barres de savon ! Je veux dire, comparé au risque d’un dérapage, de tuer un chauffeur… 5 barres de savon, c’est pathétique.”