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Trump se met à dos le Pakistan

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Réunion extraordinaire de crise et de colère du conseil national de sécurité au Pakistan. 

Islamabad ne tolère pas le tweet incendiaire de Donald Trump sur son manque d'efficacité dans la lutte contre le terrorisme. 

En réponse, le gouvernement pakistanais a mis en avant "les innombrables sacrifices" consentis pour désarmer les groupes islamistes dans la région. 

Le Pakistan a "combattu la guerre contre le terrorisme en premier lieu sur ses propres deniers et avec un coût très élevé pour son économie", en plus de "sacrifices énormes" incluant "la perte de dizaines de milliers de vies de civils et de forces de sécurité", a réagi l'exécutif pakistanais à l'issue de la réunion.

Quelques heures plus tôt, un tweet du gouvernement pakistanais soulignait déjà les "plus de 62.000 morts et 123 milliards de dollars" perdus par le pays "dans la guerre contre le terrorisme sur la période 2003-2017".

Trump accuse le Pakistan de double-jeu

Le président américain a menacé le Pakistan de lui supprimer certaines aides financières en raison de son "inefficacité et de sa duplicité", accusant Islamabad en filigrane de soutenir les Talibans en Afghanistan.

"Les Etats-Unis ont bêtement donné 33 milliards de dollars d'aide au Pakistan ces quinze dernières années et ils ne nous ont rien donné en retour si ce n'est des mensonges et de la duplicité, prenant nos dirigeants pour des idiots. Ils abritent les terroristes que nous chassons en Afghanistan, sans grande aide. C'est fini !", a écrit le président américain.

Avec ce tweet, Donald Trump a fait l'unanimité contre lui au Pakistan. Le chef de l'opposition au Parlement, l'ancienne star du cricket Imran Khan, a accusé le président américain d'incompétence.

"Trump ne comprend rien à la guerre en Afghanistan et à ce qu'elle a impliqué comme destruction au Pakistan. Il n'a aucune connaissance de base sur le sujet", a déclaré Imran Khan.

Des dizaines de personnes se sont rassemblées à Karashi pour laisser éclater leur colère. Elles ont scandé des slogans anti-Trump et ont brûlé un drapeau américain.

Retour sur une coopération houleuse

Le Pakistan, allié des Etats-Unis depuis la guerre froide, avait noué avec Washington un partenariat stratégique après les attentats du 11 septembre 2001.

Islamabad, après avoir lancé en 2014 une nouvelle campagne d'opérations militaires dans ses zones tribales, à la frontière afghane, affirme avoir désormais éradiqué toutes les bases arrière des groupes islamistes.

L'administration Trump a indiqué au Congrès en août qu'elle examinait très sérieusement la possibilité de ne pas verser 255 millions de dollars d'aide, dont le versement a déjà été retardé.

Les relations américano-pakistanaises, déjà difficiles, pour les mêmes raisons, sous l'administration de Barack Obama, qui avait donné en 2011 son feu vert à l'opération qui a conduit à la mort d'Oussama Ben Laden à Abbottabad, une ville de garnison pakistanaise, se sont encore dégradées avec l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

Le président américain a accusé en août Islamabad de jouer un double jeu en Afghanistan et d'abriter sur son sol des "agents du chaos"

En décembre, Donald Trump avait déjà menacé le Pakistan. "Nous versons des sommes énormes chaque année au Pakistan. Il faut qu'ils nous aident", avait-il mis en garde.

Pékin en soutien à Islamabad

La Chine, très active dans un projet d'infrastructure massif au Pakistan, d'un coût total de 54 milliards de dollars, a préféré louer "la remarquable contribution" de son nouvel allié à "la cause globale du contre-terrorisme", via un porte-parole de son ministère des Affaires étrangères.

Fin décembre, Pékin, désormais actif diplomatiquement dans la région, avait accueilli un premier sommet tripartite contre la menace terroriste avec le Pakistan et l'Afghanistan.

Avec AFP.