Le "héros anonyme" tunisien ne sera pas expulsé

Le "héros anonyme" tunisien ne sera pas expulsé
Par Cyril Fourneris
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Aymen Latrous avait sauvé deux enfants des flammes en 2015 mais restait sous le coup d'une obligation de quitter le territoire.

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Aymen Latrous, le Tunisien de 25 ans qui questionnait "la hiérarchie des actes de bravoure", n'est plus menacé d'expulsion. Il y a trois ans, il avait sauvé deux enfants d’un incendie à Fosses (Val d’Oise). Mais contrairement au Malien Mamoudou Gassama, ses demandes de régularisation ont été rejetées.

La préfecture du Val-d'Oise a décidé lundi soir d'abroger l'OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) dont il faisait l'objet, en s’appuyant officiellement sur une promesse d'embauche en CDI reçue par Aymen Latrous. 

"La nouvelle instruction de la demande de titre de séjour qui suivra aussitôt tiendra nécessairement compte de l'acte positif et altruiste par lequel Aymen Latrous s'est distingué en 2015", a cependant assuré le préfet Jean-Yves Latournerie.

Pourtant, rien n'indique pour l'instant que le jeune homme obtiendra bien des papiers. "C’est une solution qui n’est que partiellement satisfaisante. Mon client reste en situation irrégulière. Il n’a pas de titre de séjour et peut toujours être placé en rétention en cas de contrôle", a réagi sur Euronews l’avocate de M. Latrous, Maître Philippine Parastatis.

L'avocate établit un parallèle juridique avec l'affaire Mamoudou Gassama, qui devait obtenir une carte de séjour alors que son client reste en situation irrégulière. "Nous sommes face à deux situations identiques. Pourtant, les réponses judiciaires sont contradictoires. Ce que je veux donner à mon client, c’est une réponse républicaine."

Un geste de bravoure... non filmé

Le soir du 10 avril 2015, Aymen Latrous, son cousin et un ami marchaient dans les rues de Fosses (Val d’Oise) quand ils ont entendu une femme crier : "Mes enfants, mes enfants !". La cuisine, au premier étage, était en train de prendre feu.

Sans hésiter, les trois hommes sont entrés dans l’appartement. Le jeune tunisien a attrapé un enfant de 19 mois dans ses bras pendant que son ami saisissait Leon, 4 ans. Le troisième aidait dans le même temps à éteindre les flammes. Les trois compères ont quitté les lieux avant l’arrivée de la police.

Je venais d’arriver en France, j’avais peur d’être arrêté", a expliqué Aymen Latrous à Euronews.

Sans nouvelle des trois secouristes d'un jour, la mère de famille a lancé un appel pour les retrouver. Elle a finalement pu les remercier et ces derniers ont été décoré d'une médaille en récompense de leur "acte de bravoure" par le maire de la commune.

"Le maire m’a demandé si j’avais des papiers, je lui ai répondu que non et il a promis de m’aider", se souvient M. Latrous. Le maire communiste Pierre Barros est en effet intervenu personnellement auprès des services de l’Etat pour qu’il soit régularisé au regard de son geste.

Mais le 30 janvier dernier, la préfecture du Val-d’Oise avait émis une OQTF contre le Tunisien. "Quelle malchance de ne pas avoir été filmé", soupirait son avocate, tout en se disant "optimiste", au regard de la couverture médiatique de l'affaire.

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