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Road trip à Naples, la ville conquise par le parti 5 Etoiles

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Road trip à Naples, la ville conquise par le parti 5 Etoiles

Road trip à Naples, la ville conquise par le parti 5 Etoiles
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Nous voilà à Naples, quatre jours après la prestation de serment du gouvernement. Un gouvernement italien formé par le mouvement 5 Etoiles et la Ligue, parti d'extrême-droite. C'est la première halte de notre voyage de cinq jours en Italie. Nous irons du sud au nord pour découvrir la vie des Italiens, pour comprendre leurs peurs et leurs espoirs. Ce gouvernement a été décrit comme le premier gouvernement populiste d'Europe. C'est donc un moment décisif pour l'Union européenne. L'un de ses membres fondateurs est géré désormais par deux partis eurosceptiques. Alors c'est le meilleur moment pour voir comment l'Italie vit cela.

Nous allons au quartier espagnol dans le centre de Naples. Un quartier à la mauvaise réputation, où se mèlent pauvreté, chômage et criminalité. Un quartier où le parti 5 Etoiles a recueilli plus de 50% des votes. C'est le bastion du parti populiste. Les institutions semblent absentes. Naples est aussi une ville où la société civile est très active. C'est pour cela que nous allons à la rencontre de Foqus, cette fondation privée qui donne sa chance aux jeunes, et un espoir pour le futur.

"Nous pensons que l'Etat devrait être plus présent dans ces quartiers, estime Rachele Furfaro, présidente de la fondation. C'est pour cela que nous avons voulu monter une expérience de bien-être communautaire, et ça marche. "

"Je pense qu'il va y avoir des changements mais pour l'instant c'est trop tôt. L'Italie a besoin de temps. On ne peut pas faire face à une révolution en ce moment", admet un homme présent dans les locaux de l'association.

"Je pense que Di Maio va faire quelque chose parce qu'il est jeune et il sait ce qu'il veut, s'enthousiasme une femme assise devant sa maison avec des voisines. Il redistribue un peu de ses revenus, contrairement aux autres. Je parie sur Di Maio."

"J'espère qu'ils vont faire quelque chose de bien au niveau national. Mais ils ne pourront jamais aller contre les règles européennes, parce que rien ne va changer", soupire un homme dans un bar.

"La seule chose qui nous reste c'est l'espoir d'un avenir meilleur, au moins pour nous les jeunes, dit un homme tatoué. Parce qu'il n'y a pas de travail."

"Je pense, explique Renato Quaglia, directeur de la fondation Foqus, que les politiques d'austérité ces dernières décennies mais aussi le néolibéralisme adopté par de nombreux pays européens ont conduit à la situation suivante : des villes dont les droits ont progressivement diminué, des villes où l'engagement de l'Etat a régressé."