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Pologne : la fronde des juges

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"Libérez les tribunaux", "à bas la dictature". Ce sont quelques-uns des slogans qui étaient scandés mardi soir par les quelque 5.000 manifestants qui s'étaient rassemblés devant la Cour suprême de Pologne à Varsovie. Ce qu'ils dénoncent, c'est la réforme de la justice, et plus précisément l'abaissement de l'âge de la retraite des juges de 70 à 65 ans. Plus d'un tiers des magistrats de la Cour suprême sont concernés.

Parmi eux, la présidente de la plus haute juridiction du pays. Mais Malgorzata Gersdorf n'entend pas céder. Elle a fait savoir qu'elle resterait jusqu'au terme de son mandat, en 2020.

"Pour moi, la première présidente de la Cour suprême, c'est un triste jour, a-t-elle déclaré devant des étudiants. L'ère du judiciaire, de la Cour suprême, de son indépendance organisationnelle et de sa compétence est en train de prendre fin."

Le parti Droit et Justice au pouvoir défend, lui, ardemment ces réformes, en invoquant sa volonté de rendre plus efficace la justice et de lutter contre la corruption, et fustige au passage la fronde des juges.

"Nous sommes face à une situation qui confirme les raisons de la réforme du système judiciaire, assure Stanislaw Piotrowicz, député du parti conservateur. En clair, certains juges se placent au-dessus de la loi, au-dessus des citoyens et au-dessus des autorités."

Il n'en reste pas moins que pour l'opposition et la Commission européenne, c'est là une remise en cause de la séparation des pouvoirs. Bruxelles a lancé mardi une procédure d'infraction d'urgence contre Varsovie pouvant aboutir à terme à la saisie de la justice européenne et à des sanctions financières.