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Ivanka Trump se démarque de son père sur les enfants migrants et la presse

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Ivanka Trump se démarque de son père sur les enfants migrants et la presse

Donald et Ivanka Trump à Peosta, dans l'Iowa, le 26 juillet 2018
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SAUL LOEB
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Manières policées, voix posée et quelques éclats de rire contrôlés, Ivanka Trump s'est démarquée jeudi du virulent discours sur l'immigration et la presse de son père, qui a réagi en taclant sa bête noire, les médias généralistes.

Voir plus de 2.500 enfants migrants séparés de leurs parents entrés illégalement aux Etats-Unis a été "l'un des pires moments" qu'elle ait vécus depuis son arrivée à la Maison Blanche, a confié la proche conseillère du président américain.

"J'ai une opinion très forte là-dessus et je suis très, farouchement, contre la séparation des familles", a insisté cette mère de trois enfants, lors d'une conférence organisée par le site Axios à Washington.

Avant toutefois de nuancer: "L'immigration est un sujet extraordinairement complexe".

"Je suis la fille d'une immigrée", a-t-elle poursuivi en référence à sa mère Ivana, qui a grandi dans ce qui était à l'époque la Tchécoslovaquie. "Mais nous vivons dans un Etat de droit (...) et nous devons donc faire très attention à ne pas encourager des comportements qui mettent les enfants en danger".

Les voix d'enfants migrants en pleurs après avoir été séparés au nom de la politique de "tolérance zéro" sur l'immigration de Donald Trump, mise en oeuvre début mai, ont fait le tour du monde.

Face au scandale, le président américain a reculé fin juin, affirmant avoir en cela été influencé par son épouse... et sa fille.

- "Ennemi du peuple" -

Dans une autre prise de distance marquée, Ivanka Trump a affirmé jeudi ne pas considérer les journalistes comme "l'ennemi du peuple", une expression de son père, qui multiplie les coups de boutoir contre les médias.

Sur ce point, le président américain a plus tard fait mine de lui donner raison... tout en éreintant au passage les médias généralistes, qu'il a rebaptisés "Fake News" (fausses informations).

"Ils ont demandé à ma fille Ivanka si les médias étaient l'ennemi du peuple. Elle a correctement répondu non", a-t-il écrit sur Twitter. "Ce sont les FAKE NEWS, qui représentent une grande partie de la presse, qui sont l'ennemi du peuple!".

Et le locataire de la Maison Blanche, en meeting devant ses partisans en Pennsylvanie jeudi soir, s'en est une nouvelle fois pris aux journalistes, les qualifiant d'"horribles" et d'"épouvantables personnes".

Quant aux propos d'Ivanka sur les migrants, la Maison Blanche a botté en touche.

"Le président lui-même a affirmé qu'il n'aimait pas l'idée des familles séparées", a réagi sa porte-parole, Sarah Sanders, avant de ponctuer: "Nous n'aimons pas l'idée de laisser entrer des gens dans notre pays si nous ne savons pas qui ils sont, où ils vont et pourquoi ils viennent".

- "Passionnée par mon travail" -

Face à un Donald Trump qui proclame publiquement l'adorer, l'influence d'Ivanka l'a fermement installée dans le rôle de "Première fille".

D'autant qu'elle forme avec son époux, Jared Kushner, un couple soudé de proches conseillers à la Maison Blanche.

Mais celle qui cristallisait au départ les espoirs de certains démocrates, voulant croire en l'influence modératrice de cette jeune new-yorkaise aux nombreux amis progressistes --dont, un temps, Chelsea Clinton-- les a profondément déçus par son silence sur des mesures controversées.

Pour ceux qui espéraient la voir freiner son père, la plus grande "trahison" reste le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, en juin 2017. Seul signe de leur malaise: Ivanka Trump et Jared Kushner n'étaient pas présents dans la roseraie de la Maison Blanche pour cette annonce. Une absence rarissime.

Le jeune mère avait en revanche fermement rompu avec le soutien de son père à un candidat républicain au Sénat, accusé par des femmes d'agressions sexuelles lorsqu'elles étaient mineures. "Les prédateurs d'enfants ont leur place réservée en enfer", avait-elle déclaré en 2017.

"Je suis véritablement passionnée par le travail que je fais ici", a témoigné Ivanka Trump jeudi. A tel point qu'elle a décidé, fin juillet, de mettre fin aux activités de sa marque de vêtements et accessoires.

Dans un clin d'oeil à son père, un journaliste d'Axios lui a demandé si elle comptait donc passer le restant de ses jours "dans le marigot", le surnom péjoratif que Donald Trump donne à Washington.

"C'est très peu probable", a répondu Ivanka Trump dans un éclat de rire.

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