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France : un "bonus-malus" contre le plastique

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France : un "bonus-malus" contre le plastique

France : un "bonus-malus" contre le plastique
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Comment réduire la montagne de plastique qui s'amoncelle chaque jour un peu plus en France ?

Le gouvernement a annoncé sa volonté de mettre en place un système de "bonus-malus" à partir de l'année prochaine. En résumé, les produits en plastique non recyclés coûteront jusqu'à 10% plus chers que ceux fabriqués à base d'autres matériaux ou de plastique recyclé. Objectif affiché : parvenir à 100% de plastique recyclé d'ici 2025.

"Demain, quand il y aura le choix entre deux bouteilles, l'une fabriquée en plastique recyclé et l'autre non, la première sera moins chère", a déclaré Brune Poirson, secrétaire d'Etat à la Transition écologique et solidaire, dans un entretien au Journal du dimanche (JDD). La secrétaire d'État ne précise pas dans quelle proportion le dispositif abaisserait le coût des objets en plastique recyclé et relèverait celui de ceux qui ne le sont pas.

Pour le collectif Plastic Attack, qui milite contre les emballages plastique à usage unique, c'est un premier pas dans la bonne direction même si le dispositif seul ne suffira pas.

"D'un côté, c'est encourageant de voir que le gouvernement s'engage sur ces sujets. Mais pour moi la priorité, c'est qu'étant donné que les infrastructures existantes pour recycler le plastique sont assez mal développés et que la plupart des plastiques ne se recyclent qu'une seule fois, il faut agir du côté des consommateurs, mais aussi pour une réduction", souligne Tanya Beck, de Plastic Attack Paris.

Le bonus-malus est "une logique dans laquelle on se retrouve", a déclaré à l'AFP Emmanuel Guichard, délégué général de la fédération française de l'emballage plastique (Elipso). Encore faut-il que les alternatives au plastique existent, nuance-t-il toutefois : "Pour les bouteilles, c'est un choix du consommateur qui est possible. Mais il ne faut pas oublier les autres. Sur le pot de yaourt, il n'y a aujourd'hui pas de plastique recyclé."

"On espère que les industriels joueront le jeu pour que les consommateurs ne soient pas directement pénalisés", a relevé pour sa part Flore Berlingen, directrice de l'association Zero Waste France, interrogée par l'AFP.

Le plastique, pas recyclable à l'infini

Ces dix dernières années, la production mondiale a progressé de plus de 40%. Entre 2007 et 2017, elle est passée de 245 à 348 millions de tonnes, avec l'emballage comme principal débouché. Il reste donc encore fort à faire mais les industriels français comment à initier certains changements.

"Il y a certaines grandes enseignes qui commencent à étudier des solutions pour réduire les emballages plastiques à usage unique, ou arrêter de commercialiser les pailles par exemple, remarque Tanya Beck. Donc à mon avis, le gouvernement pourrait aussi s'engager dans cette direction de réduction à la source et de substitution quand les emballages sont indispensables, mais avec des matériaux qui ne sont pas du plastique."

Les associations rappellent que le verre est par exemple recyclable à l'infini et que le plastique, qu'il soit recyclé ou non, continuera de polluer massivement les océans.

Avant-dernière à l'échelle européenne en terme de recyclage, la France recyclerait seulement un quart de son plastique actuellement, selon une étude de 60 Millions de consommateurs.