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La fuite des cerveaux grecs

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La fuite des cerveaux grecs

La fuite des cerveaux grecs
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Depuis la crise de 2009, la vie est souvent difficile pour la jeunesse grecque. En quête d'un avenir professionnel que leur pays d'origine ne peut leur offrir, ils sont des milliers à émigrer à l'étranger. Ce phénomène de fuite des cerveaux touche toutes les catégories socio-professionnelles en Grèce mais surtout les plus qualifiés. Christianna ne travaille pas encore mais elle se prépare à déménager à Londres pour sa dernière année de master en finance et prévoit d'y rester pour travailler.

"La crise a frappé les jeunes de notre génération lorsque nous étions en train de finir nos études. Donc nous avons subi un changement dans nos vies par rapport au moment où nous étions au lycée et encore plus par rapport à quand nos parents étaient au lycée. Pendant les dernières années d'étude, nos vies ont complètement changé... C'etait vraiment très difficile pour notre famille, mes parents sont professeurs tous les deux donc leurs salaires ont été baissés de nombreuses fois", explique Christianna.

Concernant les salaires grecs, la rémunération minimum pour une personne célibataire est de 495,25 euros nets par mois. et 553,84 pour une personne mariée. Pour les moins de 25 ans, il est de 431,75 euros nets par mois.

A sa sortie de l'université, Christianna s'est très vite heurtée aux difficultés du marché du travail grec : "Si vous demandez à quelqu'un de travailler à temps plein avec des heures supplémentaires, avec du stress et de l'anxiété, ce n'est pas le genre de salaires que les les jeunes espèrent. "

Pour elle, choisir de quitter la Grèce, son pays d’origine n'a pas été vraiment difficile. Elle espère néanmoins que les salaires redeviendront décents, pour qu'elle puisse rentrer un jour.

"J'espère que dans les cinq années à venir, cela ira mieux, qu'il y aura enfin des investissements, que les choses s'amélioreront afin que nous puissions trouver du travail. Mais je ne crois pas que cela va changer notre quotidien immédiatement."

Les études montrent que les départs des jeunes grecs comme Christiana sont un des principaux problèmes auxquels l'économie greque doit faire face.

Selon les données de l'association des médecins d'Athènes, 11 115 docteurs ont quitté la capitale greque entre 2007 et 2016, et ils sont 18 000 dans tout le pays. Giorgos Patoulis est président de cette association et selon lui, la Grèce doit investir dans le personnel médical : "Nous voyons des hôpitaux qui sont complètement vétustes mais en même temps ils ne peuvent pas recruter pour transmettre leur connaissances à de jeunes médecins. De plus, les salaires sont très bas, et il y a du chômage."

Même si le nombre de médecins partant à l'étranger a baissé ces dernières années, les grecs diplômés et qualifiés ne prennent pas le chemin du retour vers leur pays d'origine.