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Etat de droit : l'offensive du Parlement européen contre Viktor Orban

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Etat de droit : l'offensive du Parlement européen contre Viktor Orban

Etat de droit : l'offensive du Parlement européen contre Viktor Orban
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C'est une première ! Le Parlement européen a voté ce mercredi pour demander aux Etats-membres d'agir fermement contre la politique du Premier ministre Viktor Orban en Hongrie. Ce dernier est accusé de porter systématiquement atteinte aux valeurs fondamentales de l'Union européenne.

Il est demandé aux Etats membres de l'UE de faire usage de la procédure dite de l'article 7, qui est le mécanisme le plus dur pouvant viser un pays qui bafoue les règles européennes.

L'enjeu est de taille. La Hongrie risque son droit de vote au Conseil de l'Union européenne si la procédure va jusqu'au bout. Elle pourrait alors ne plus peser sur l'élaboration de la législation européenne. Mais on en est encore loin. Il faudrait en effet l'unanimité des Etats-membres pour adopter cette sanction. En décembre dernier, une procédure similaire a été enclenchée contre la Pologne, cette fois par la Commission européenne.

Mais contrairement au PiS, le parti du gouvernement conservateur polonais, celui de Viktor Orban, le Fidesz, est membre du groupe majoritaire au Parlement européen, le PPE.

En l'absence de consigne de groupe, les membres du parti européen se sont profondément divisés lors du vote. Et le chef du groupe Manfred Weber a refusé toute exclusion du Fidesz à la suite de la décision du Parlement.

A l'origine du rapport, la députée écologiste, Judith Sargentini a pu quant à elle savourer sa victoire. Même si elle a dénoncé la lenteur des institutions qui ont attendu "huit ans, trois élections et les premiers changements en Hongrie avant de réagir".

“Je pense que nous n'aurions pas eu ce vote aussi tard si la Commission avait agi au bon moment et n'avait pas écouté les pouvoirs et partis politiques” a estimé l'Eurodéputée néerlandaise en salle de presse, à Strasbourg.

Judith Sargentini, députée écologiste en charge du rapport

Mais le parti hongrois du Fidesz conteste la légitimité du vote. Devant les journalistes, le député du parti de Viktor Orban l'a bien fait savoir.

“Le rapport Sargentini a été adopté aujourd'hui parce qu'ils ont réussi à atteindre une majorité des deux tiers seulement en violant les règles de vote" a affirmé József Szájer. "Si les abstentions auraient aussi été compté, nous n'aurions pas atteint ce niveau”.

József Szájer, Eurodéputé PPE (Fidesz)

Pour d'autres députés européens, Viktor Orban a clairement perdu la bataille. “Hier, il se comportait déjà en homme vaincu" assure la députée néerlandaise, d'origine hongroise, Kati Piri. "Il n'est clairement pas capable de défendre ses politiques et c'est ce qui rend aujourd'hui ce vote possible" a déclaré la députée socialiste. La preuve? "Même sa famille politique s'est retournée massivement contre lui”.

Le rapport a été adopté à 448 voix pour, 197 contre et 48 abstentions.