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Derrière l'empoisonnement des Skripal, deux "héros russes" selon Bellingcat

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Derrière l'empoisonnement des Skripal, deux "héros russes" selon Bellingcat

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Le second suspect de la tentative d'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal en mars en Angleterre a été décoré par le président russe Vladimir Poutine, a affirmé mardi le site d'investigation Bellingcat.

Bellingcat a identifié cet homme comme étant Alexandre Evguenievitch Michkine, un médecin militaire employé par le renseignement militaire russe (GRU). La police britannique l'avait présenté comme Alexandre Petrov, nom figurant sur son passeport, tout en précisant qu'il s'agissait sans doute d'un pseudonyme.

"Il a été fait héros de la fédération de Russie à l'automne 2014", a déclaré Christo Grozev, membre de l'équipe de Bellingcat, lors d'une conférence de presse au parlement britannique. "Cela en fait deux, deux héros russes", a-t-il ajouté, en référence à l'autre suspect de l'empoisonnement des Skripal, présenté par la police britannique comme étant Rouslan Bochirov, possible pseudonyme, et identifié par Bellingcat comme étant le colonel Anatoli Tchepiga, un officier du GRU également décoré.

Les deux hommes sont accusés par la police britannique d'être à l'origine de l'empoisonnement au Novitchock de l'ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, le 4 mars à Salisbury (sud-ouest de l'Angleterre).

En juin, deux nouvelles personnes avaient été contaminées par la même substance, dont une mère de famille qui a perdu la vie.

Le Kremlin a refusé de commenter les nouvelles informations de Bellingcat.

Le 12 septembre, le président russe Vladimir Poutine avait déclaré savoir qui étaient les deux hommes mis en cause par Londres mais il avait assuré qu'ils étaient des "civils" n'ayant rien fait de "criminel".

L'ambassade russe à Londres a dénoncé mardi "les informations (qui) continuent de circuler sous la forme de fuites dans les médias avec des références à des sources anonymes" qui selon elle "entretiennent des liens évidents avec des services secrets" et "confirme(nt) que les autorités britanniques n'ont pas l'intention de poursuivre l'enquête dans le cadre du droit international".

Christo Grozev s'est défendu sur Twitter, assurant que Bellingcat n'avait reçu "AUCUNE information" des services de renseignement britanniques.

- Photo avec Poutine -

Les enquêteurs de Bellingcat ont précisé qu'il avait remonté la piste du suspect en s'appuyant sur un travail de collecte et de vérification d'informations disponibles en ligne, en partenariat avec les journalistes du site d'investigation russe The Insider.

Selon eux, Alexandre Michkine est né le 13 juillet 1979 à Loyga, un "tout petit village (...) au milieu de nulle part" en Russie.

Il a étudié la médecine à l'académie militaire de Saint-Pétersbourg, et a été recruté par le GRU "avant 2003". Puis il a déménagé vers 2009 à Moscou sous l'identité d'Alexandre Petrov.

Toujours selon Bellingcat, il a participé à des opérations secrètes entre 2011 et 2013 en Transnistrie et en Ukraine, ainsi qu'à des opérations militaires dans ce pays en 2014. Et aurait été décoré en raison de ses actions en Crimée ou en Ukraine.

L'équipe de Bellingcat a contacté des "centaines" d'anciens élèves de l'école militaire par laquelle est passé Alexandre Michkine et deux personnes ont confirmé son identité.

Un de leurs interlocuteurs leur a indiqué que "tout le monde, dans sa classe, avait été contacté deux semaines avant et prié de ne rien dire", a dit Christo Grozev.

Des journalistes de The Insider se sont rendus à Loyga, où ils ont rencontré sept personnes qui ont confirmé "que leur camarade Alexandre Michkine était passé par l'école militaire, était devenu un célèbre médecin militaire et avait reçu le prix du héros de la fédération de Russie des mains du président Poutine".

M. Grozev a ajouté que "sa grand-mère, avec laquelle il a grandi, a une photo, vue par tout le monde dans le village, du président Poutine serrant la main de Michkine et lui remettant la récompense".

Ces révélations interviennent dans un climat extrêmement tendu entre Moscou et plusieurs puissances occidentales qui, outre l'affaire Skripal, l'ont accusé la semaine dernière d'orchestrer une série de cyberattaques mondiales dont une tentative de piratage du siège de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

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