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Toutes les dimensions du jazz sont au Festival de Bakou 2018

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Toutes les dimensions du jazz sont au Festival de Bakou 2018

Toutes les dimensions du jazz sont au Festival de Bakou 2018
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Une fois par an, dans la capitale de l'Azerbaïdjan, le jazz occupe le devant de la scène. Le Festival de jazz de Bakou met à l'honneur pendant deux semaines, des musiciens internationaux et locaux. Lors du week-end d'ouverture, un duo électrisant a transmis au public, une énergie communicative : au piano, Leonid Ptashka qui est né à Bakou et aujourd'hui installé en Israël et à la guitare, le multi-instrumentiste et chef d'orchestre originaire de Saint-Petersbourg Gasan Bagirov.

Les deux musiciens se produisent de temps en temps ensemble et leur objectif commun, c'est bien de divertir les spectateurs comme le souligne le pianiste virtuose de 54 ans : "Je ne veux pas du tout qu'il y ait quelqu'un dans le public qui quand il rentre chez lui, se demande : 'Mais qu'est-ce que Ptashka ou Bagirov voulaient dire pendant ce concert ?' Non !" lance Leonid Ptashka. "Je veux simplement que quand les gens rentrent chez eux," poursuit-il, "ils soient contents et le lendemain, quand ils retournent à leur travail, à leur routine, ils se disent : 'Yeah, ce concert était fantastique, il y avait une super énergie !' Je veux qu'à la fin, tout le monde soit content et voilà ! Un point, c'est tout !" souligne-t-il en éclatant de rire.

"J'ai toujours voulu faire MA musique"

Autre invité du Festival : le Londonien Omar Lye-Fook. Son nom hybride lui vient de "son arrière grand-père qui était chinois et jamaïcain," précise-t-il. Omar Lye-Fook a suivi les traces de son père qui dans les années 60 et 70, avait joué aux côtés des Rolling Stones et de Jimi Hendrix en choisissant de se lancer dans la soul et le jazz dans les années 80.

Auteur d'un tube en 1991 avec "There's Nothing Like This" qui a valu l'estime de nombreux fans dont Stevie Wonder, Omar Lye-Fook fêtait lors du festival, ses cinquante ans et après plus de trente ans de carrière, il affirme continuer d'expérimenter sans cesse de nouveaux chemins. Il se forge aujourd'hui son propre son en piochant notamment dans le hip hop et les musiques caribéennes comme le zouk.

"Cela m'ennuie de refaire tout le temps la même chose, j'aime mener des expériences, faire des choses différentes et aussi aller à contre-courant," affirme Omar Lye-Fook, "parce qu'il y a beaucoup de choses qui se ressemblent dans la musique, les gens veulent faire ce que les autres font ; moi, j'ai toujours voulu faire MA musique."

Nouveaux talents

En parallèle des concerts, le Festival de jazz de Bakou organise un concours international dans différentes catégories appelé "I am a jazzman" destiné à dénicher de nouveaux talents.

La jeune Azerbaïdjanaise Natavan Quliyeva par exemple figurait parmi les finalistes. Elle a ébloui par sa voix puissante et sa forte présence sur scène. "J'ai adoré chanter sur scène : c'est ce que j'aime le plus et j'ai toujours rêvé de pouvoir le faire depuis que je suis enfant... Et maintenant, voilà !" s'amuse-t-elle.

Rain Sultanov, directeur artistique de l'événement et saxophoniste, ainsi que Vadim Abramov, musicien originaire de Bakou, faisaient partie du jury. Tous deux nous précisent les qualités essentielles que doit avoir un musicien de jazz.

"L'improvisation et donc la capacité d'improviser, c'est le plus important dans le jazz," insiste Rain Sultanov. Vadim Abramov qui vit et travaille en Allemagne renchérit : "Bien sûr, il y a aussi le charisme qui est très important, mais chaque musicien doit examiner ses possibilités musicales et choisir soigneusement le répertoire qui lui correspond et bien sûr, il doit faire preuve de professionnalisme."

Bakou, fief du jazz

Cela fait depuis le début du XXe siècle qu'on joue du jazz en Azerbaïdjan. Dans l'ancienne Union soviétique, Bakou était l'un des fiefs de ce genre musical avec Saint-Petersbourg et Riga.

Le type de jazz azerbaïdjanais le plus connu, le jazz mugham, combine jazz traditionnel américain et mugham. Un genre musical azerbaïdjanais qui mêle poésie classique et improvisation.

Le jazz mugham a acquis une grande notoriété dans les années 50 et 60 sous l'influence du compositeur Rafig Babayev et de son Gaya Quartet et du pianiste et compositeur de jazz Vagif Mustafazadeh. Le légendaire trompettiste américain de jazz Dizzy Gillespie admirait beaucoup ce type de jazz.

"Le jazz en Azerbaïdjan, c'est une très longue tradition, une histoire très riche," assure Leyla Efendiyeva, directrice du Festival. "Donc, on peut dire qu'aujourd'hui, Bakou est l'épicentre de la musique jazz pour cette partie du monde et la région où le jazz se développe," insiste-t-elle.

"Une vingtaine de concerts donnés par des musiciens du monde entier, des ateliers, des master classes et un concours international pour les jeunes talents," conclut notre reporter sur place Wolfgang Spindler, "ce festival explore toutes les couleurs et toutes les dimensions du jazz."

Jam session. Gasim Khalilov Leonid Ptashka, Gasan Bagirov, Omar's band

Publiée par Baku Jazz Festival sur Lundi 15 octobre 2018

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