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Le Portugal, ce pays sans populisme

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Le Portugal, ce pays sans populisme
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Dans une Europe attirée par les populismes, le Portugal fait figure d’exception. Depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir, il y a trois ans, le pays a refusé toute politique d’austérité, sans mettre de côté ses objectifs économiques.

En octobre, le gouvernement portugais a annoncé vouloir réduire son déficit public à 0,2% du PIB en 2019,pour le supprimer totalement l’année suivante.

Pour l’heure, ces quelques succès servent de rempart au populisme, mais le pays n’est pas immunisé pour autant.

"Aucun parti représenté au Parlement ne tient un discours populiste, mais cette possibilité n’est pas exclue, surtout que nous savons qu'au Portugal, les gens sont très déconnectés de la politique. Ils soutiennent la démocratie en tant que régime idéal, mais ils ne comptent pas sur les partis ou sur les dirigeants ; ces accès de méfiance pourraient un jour être récupérés par une personne qui a une certaine influence médiatique", commente João Tiago Gaspar, politologue.

Mais au-delà de l’aspect économique, le Portugal se positionne comme l’un des interlocuteurs les plus conciliants sur la question migratoire. Dans le programme de partage des réfugiés au sein de l’UE, le pays figure à la 6ème position.

Et malgré des salaires plus bas que dans d’autres États, certains migrants ont le choix de se rendre au Portugal, comme Hindi Mesleh, un Palestinien qui a privilégié Lisbonne à Bruxelles :

"Je me sens heureux de vivre ici. C’est vrai que les salaires ne sont pas les mêmes que dans le reste de l'Europe, mais il faut savoir faire des concessions. Le temps est agréable et les gens sont tellement accueillants".

Une politique d’ouverture qui peut s’expliquer par une démographie en berne : la population est en baisse depuis près de 10 ans.

"Je suis convaincu que nous serons en mesure d'inverser ces tendances xénophobes. Il est vrai que l’on assiste à l'émergence d'une vague de contestation, pour ne pas reconnaître les valeurs fondamentales et les droits de l'homme ; en gros, pour rejeter tous les éléments qui sont la base du projet européen. Le Portugal ne fait pas partie de ces pays qui suivent cette vague", assure Rosa Monteiro, secrétaire d'État à la citoyenneté et à l'Egalité du Portugal.