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Les pays de l'UE entament des discussions en vue d'interdire les réexportations de GNL russe

La dernière proposition de sanctions de l'UE vise à interdire les transbordements de GNL russe.
La dernière proposition de sanctions de l'UE vise à interdire les transbordements de GNL russe. Tous droits réservés Olga Maltseva/AP
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Par Jorge LiboreiroGrégoire Lory
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Cet article a été initialement publié en anglais

Les pays de l'Union européenne ont entamé mercredi des négociations sur la prochaine série de sanctions à l'encontre de la Russie, qui vise pour la première fois le gaz naturel liquéfié.

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C’est un nouveau tabou de l’UE qui pourrait sauter. Les 27 envisagent de sanctionner le gaz russe. Cette ressource a été jusqu'à présent totalement épargnée par les restrictions, malgré les appels répétés de la Pologne, des pays baltes, des pays nordiques et de l'Ukraine.

Le plan conçu par la Commission européenne ne prévoit pas une interdiction totale des importations, comme l'Union l'a fait précédemment pour le charbon et le pétrole transporté par voie maritime.

Il vise plutôt à interdire les transbordements de gaz naturel liquéfié (GNL) russe, c'est-à-dire la pratique consistant à réexporter vers d'autres pays le GNL qui arrive dans les ports de l'UE.

Le Centre for Research on Energy and Clean Air, une organisation indépendante qui suit les combustibles fossiles russes, estime que l'Union européenne a payé l'année dernière 8,2 milliards d'euros pour 20 milliards de mètres cubes de GNL russe, ce qui représente 5 % de la consommation totale de gaz.

La Belgique, la France et l'Espagne sont les principaux points d'entrée de cette ressource.

Environ 22 % de ces approvisionnements ont été transbordés dans le monde entier, dont 8 % (1,6 milliard de mètres cubes) vers d'autres États membres, indique le CREA, le reste étant destiné à la Chine, à l'Inde, à la Turquie et à d'autres clients.

Ces données reflètent le rôle prépondérant joué par les entreprises occidentales dans les secteurs de l'assurance des marchandises et des services de transport maritime. L'industrie maritime des pays du G7 a traité l’année dernière 93 % des exportations russes de GNL, un transport évalué à 15,5 milliards d'euros.

Le projet de sanctions, envoyé aux États membres vendredi, vise à mettre un frein à cette activité lucrative et à réduire la capacité de la Russie à acheminer ses  fournitures à travers le monde. Il vise également trois projets de GNL basés en Russie qui ne sont pas encore opérationnels. Reuters a identifié ces projets comme étant Arctic LNG 2, Ust Luga et Murmansk.

Toutefois, le Kremlin a prouvé sa capacité à contourner les sanctions occidentales comme la mise en place par le G7 et l’Australie d’un plafonnement du prix du pétrole russe transporté par voie maritime. Malgré la limitation à 60 dollars le baril, Moscou a passé les derniers mois à vendre son pétrole dans une fourchette de prix comprise entre 70 et 80 dollars.

Cette évasion a été attribuée à une "flotte fantôme" de pétroliers vieillissants et de petite taille qui transportent l'hydrocarbure sans être assurés au niveau occidental, ce qui les rend plus difficiles à repérer.

Les ambassadeurs ont eu une première discussion mercredi, mais il faudra des semaines avant que les 27 pays ne parviennent à un accord final. Les sanctions visant le secteur de l'énergie sont considérées comme très sensibles et ont, par le passé, donné lieu à des discussions prolongées et à des concessions de dernière minute.

Si elles sont finalement approuvées, il s’agira alors du 14e train de mesures contre Moscou depuis février 2022.

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