DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Adolescente et championne de catch, la double vie de Gia Scott

Vous lisez :

Adolescente et championne de catch, la double vie de Gia Scott

Adolescente et championne de catch, la double vie de Gia Scott
Taille du texte Aa Aa

Difficile d'imaginer, quand on rencontre Kierra Scott, que cette jeune fille polie et chaleureuse se plaît pour son travail à insulter, agresser et provoquer. C'est pourtant une catcheuse professionnelle spécialisée dans les rôles de "vilains". Avec un certain succès.

Sous le nom de scène de Gia Scott, cette Américaine de 19 ans est une étoile montante du catch, une discipline dans laquelle elle s'est lancée alors qu'elle était encore lycéenne.

gi

En moins d'un an, elle a déjà disputé une dizaine de combats et vient de remporter le titre MCW, la ligue locale au sein de laquelle elle évolue, dans l'Etat du Maryland, devenant la plus jeune championne de l’histoire de cette division.

Sa spécialité: le rôle de "heel", ce "méchant" qui aime se mettre la foule à dos. Quand elle entre dans l'arène, Kierra laisse la place à Gia et oublie tout de son amitié avec son adversaire. Quant aux spectateurs, elle prend un malin plaisir à les chambrer.

"Je me nourris de l'énergie de la foule, ça me stimule davantage", explique-t-elle à l'AFP dans son salon, tout en jouant avec son chien.

"C'est très différent de ma vie de tous les jours. Quand je suis sur le ring, vous voyez Gia l'agressive. Mais quand j'en sors, c'est juste moi, Kierra, une fille sympa et souriante".

Et Kierra est une jeune adulte comme tout le monde, qui passe son temps libre entre Instagram, le patinage et son copain. Ce dernier, chez qui elle vit, est également catcheur.

Dans ce sport, c'est le show qui passionne le public, rappelle-t-il. "Si vous êtes un bon catcheur, mais que vous ne faites rien de spécial, seulement des prises, vous n'allez pas les intéresser", explique le dénommé Deion Epps, Carlos Carroll pour l'état civil.

- "La douleur est réelle" -

C'est vers 14 ans que Gia a eu sa vocation. "Je voulais devenir mannequin ou catcheuse, c'était l'un ou l'autre", se souvient cette athlète élancée.

Son oncle l'emmène alors voir un spectacle de WWE, la plus grosse ligue américaine, et c'est la révélation: "Je me souviens de l'énergie du public, du bruit et des effets pyrotechniques. Je criais tellement fort que j’en ai perdu la voix".

La jeunesse de Kierra est difficile. Elle déménage souvent et est placée en foyer. A 17 ans, sa mère meurt. C'est pour elle que la jeune femme s'est lancée dans cette carrière. "Sans ma mère, je n’en serais pas là où j'en suis à mon âge".

La majorité tout juste atteinte, Gia se précipite pour s'inscrire dans l'école de catch de la MCW, et apprend le métier. A la dure.

Les combats ont beau être chorégraphiés, "la douleur est bien réelle", assure-t-elle. "Quand vous êtes sur le ring et que vous prenez les coups, qu'on vous frappe, ça fait mal".

Surtout qu'elle s'entraîne avec des hommes, ce qui lui donne parfois la sensation qu'"un train (lui) est passé dessus".

"Mais je remercie les gars de ne pas m'avoir fait de cadeaux", ajoute-t-elle. "Et quand j'ai l'occasion de leur rendre un coup, j'y mets toute ma force".

"Nos filles ont autant le feu sacré et mettent autant d’intensité que les garçons", approuve son entraîneur et champion poids-lourds RJ Meyer, déplorant de ne pas avoir "assez de filles". En moyenne une pour dix garçons.

"C'est un sport d'hommes, il y a plus de pression pour moi quand je monte sur le ring", reconnaît Gia.

Plus dur, mais pas impossible. La jeune adulte apprécie particulièrement un signal envoyé par la WWE. En 2016, cette ligue phare du catch a mis fin à la dénomination "divas" --qui avait une connotation sexiste-- pour qualifier les athlètes de championnat féminin.

"Quand j'ai vu ça, je me suis dit qu'ils évoluaient et qu'ils s'amélioraient", se réjouit Gia. "C'est beaucoup plus sérieux maintenant".

Le nouveau nom donné aux catcheuses lui correspond mieux: "Superstars".

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2018 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.