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Pourquoi la Grèce organise-t-elle un vote de confiance?

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Le Premier ministre grec Alexis Tspiras joue mercredi soir son va-tout devant le Parlement, appelé à lui voter la confiance au terme de deux jours de débats acharnés entre partisans et opposants de l'accord sur le nouveau nom de la République macédonienne voisine.

Pourquoi un vote de confiance ?

Le Premier ministre a demandé la confiance des députés après la démission de son allié, le ministre de la Défense Panos Kammenos, chef du petit parti souverainiste des Grecs indépendants (ANEL), qui a mis un terme à quatre ans de coalition. Kammenos a annoncé qu'il voterait la défiance en raison de son opposition à l'accord gréco-macédonien conclu en juin 2018.

Que prévoit l'accord ?

La Grèce et la l'ancienne République yougoslave de Macédoine ont conclu un accord qui rebaptise cette dernière en "République de Macédoine du nord". Le Parlement du petit Etat a approuvé ce changement de nom malgré une forte opposition de l'opinion publique. En Grèce, beaucoup d'opposants estiment, à contrario, que la Macédoine n'appartient qu'au patrimoine grec et à sa province septentrionale.

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Avant de s'exprimer sur l'accord, les députés grecs doivent donc décider mercredi soir s'ils accordent ou non leur confiance au gouvernement Tsipras. Le Premier ministre grec estime que cet accord "historique" pourrait mettre fin à un litige politico-sémantique empoisonnant les relations bilatérales des deux pays depuis 27 ans. Le différend historique a entravé l'adhésion de la Macédoine à l'Union européenne et à l'Otan en raison du veto grec.

"Je demande au Parlement de renouveler sa confiance dans le gouvernement qui a sorti le pays de la crise" a déclaré Alexis Tsipras, évoquant les années de tutelles de Bruxelles, de la BCE et du FMI sur Athènes.

Sortir renforcé après le vote

Le parti d'Alexis Tsipras, Syriza, compte 145 députés sur les 300 du parlement grec. S'il n'a besoin que d'une majorité simple de minimum 120 députés présents, le gouvernement grec espère bien recueillir davantage. "L'objectif du gouvernement est d'obtenir plus de 151 votes", a déclaré Dimitris Tzanakopoulos, porte-parole du gouvernement, cité par l'Agence Ana.

Il devrait donc pouvoir compter sur le vote de quatre députés ANEL ayant fait sécession, ainsi que sur celui d'une élue indépendante, à en croire les médias grecs qui évoquent des "tractations en coulisses". Les quotidiens Ta Nea (centre-gauche) et Kathimerini (droite) soulignent en outre le vote-clé d'un député dissident de Potami (pro-européen), qui aurait décidé d'accorder sa confiance à Tsipras au risque d'être exclu de son parti.

À droite, la Nouvelle Démocratie (78 députés), en tête dans les sondages sur les prochaines législatives, votera contre le gouvernement, avec comme objectif de précipiter les élections.

Prochaines élections avant l'automne

Le Premier ministre grec a estimé que les prochaines élections n'auraient pas lieu avant l'automne: selon lui, le gouvernement "a encore neuf mois et de très importantes missions à mener".

Le chef de l'opposition de droite Kyriakos Mitsotakis, estime que "le pays a besoin d'un nouveau gouvernement, nous avons perdu trop de temps". Il promet, si son parti l'emporte au prochain scrutin, d'annuler l'accord sur le nouveau nom de la Macédoine, qu'il juge "dévastateur".

La date du débat sur l'accord controversé pourrait être annoncée dès mercredi soir à la suite du vote de confiance. Le Premier ministre avait promis que le nouveau nom de la Macédoine serait soumis au parlement grec dans "les dix jours" après le vote de Skopje, soit le 21 janvier.

La bataille sera serrée : pour être adopté, l'accord dit de Prespes doit recueillir la majorité absolue (151 voix) à la Vouli, le parlement grec.

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