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Présidentielle au Sénégal: le pouvoir revendique un second mandat, l'opposition conteste

Présidentielle au Sénégal: le pouvoir revendique un second mandat, l'opposition conteste
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Les premiers résultats officiels de l'élection présidentielle ont commencé à tomber lundi au Sénégal, où le pouvoir et l'opposition s'affrontaient sur la tenue ou non d'un second tour, après la revendication par le camp du sortant Macky Sall d'une majorité absolue.

Seuls l'ancien Premier ministre Idrissa Seck et l'ex-inspecteur des impôts Ousmane Sonko paraissaient en mesure de se qualifier pour un éventuel second tour contre Macky Sall, largement en tête dans la plupart des régions, selon les premiers résultats officiels issus des commissions qui compilent les procès-verbaux des bureaux de vote dans chacun des 45 départements.

"L'opposition est à un carrefour", a estimé au lendemain du scrutin le journaliste et analyste politique Babacar Justin Ndiaye: "Ou elle fonce dans la direction d'une contestation vigoureuse dans la rue, ou elle choisit la revendication institutionnelle en allant là où on dépose les contentieux".

Le calme régnait lundi à Dakar, où la circulation était plus fluide que d'habitude. Les bus de la société nationale de transports ont été laissés au dépôt pour leur éviter, selon un employé, d'être la cible d'éventuels casseurs.

Bousculant le calendrier, le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne a revendiqué dès dimanche soir la victoire pour son camp, sans attendre la publication de résultats officiels.

"Les résultats compilés nous disent aujourd'hui qu'il nous faut féliciter le président Macky Sall pour sa réélection", a-t-il déclaré. M. Dionne a pronostiqué un résultat d'au moins 57% des suffrages de son candidat, qui l'a emporté selon lui dans les 14 régions du pays, à une seule exception.

Il s'agit de la région de Ziguinchor (sud), dont le député "antisystème" Ousmane Sonko - crédité de la troisième place à l'échelle nationale derrière Idrissa Seck - remporte les trois départements, selon les commissions de recensement des votes.

Dans le même temps, Macky Sall s'impose dans plusieurs départements clefs comme Mbacké et Diourbel (centre), Tivaouane (ouest) et Guédiawaye, banlieue populeuse de Dakar.

- "Casser du journaliste" -

Un dirigeant de la coalition soutenant Idrissa Seck, Abdoul M'Baye, a dénoncé les propos de M. Dionne comme un "mensonge proféré à dessein dans le but de troubler l'ordre public et sans doute mieux faire passer une forfaiture en préparation", demandant à la population et aux médias de "ne pas en tenir compte".

Un second tour est inévitable", a déclaré dimanche soir M. Seck, avant même l'annonce du Premier ministre, lors d'une conférence de presse conjointe avec Ousmane Sonko.

Devant la presse dimanche soir, MM. Seck et Sonko ont accusé des médias privés sénégalais et des médias internationaux de donner des chiffres favorables au pouvoir, des allégations relayées sur les réseaux sociaux mais réfutées par les rédactions concernées.

Cinq associations représentant les journalistes et les éditeurs de presse sénégalais ont condamné lundi ces "propos désobligeants et irresponsables des candidats Idrissa Seck et Ousmane Sonko", les qualifiant d'"invite à casser du journaliste".

"Le Premier ministre ne devait absolument pas faire cette conférence de presse pour donner des résultats fantaisistes. Les leaders de l'opposition ne doivent pas non plus décréter de façon absolue l'existence d'un deuxième tour", a pour sa part estimé sur les réseaux sociaux le fondateur du centre d'études Afrikajom Center, Alioune Tine, appelant à laisser les organes compétents se prononcer.

Le président de la Commission nationale de recensement des votes (CNRV) chargée de proclamer les résultats officiels provisoires à l'échelle nationale, Demba Kandji, a indiqué que celle-ci serait en mesure de le faire "jeudi ou vendredi au plus tard".

Les résultats définitifs sont, eux, du ressort du Conseil constitutionnel, chargé d'examiner d'éventuels recours.

La participation à ce scrutin, qui s'est déroulé sans incident majeur selon les différentes missions d'observation électorale, s'établissait à 68% après dépouillement des deux tiers des bulletins, selon une source proche du ministère de l'Intérieur.

L'opposition a dénoncé avant le vote l'invalidation des candidatures de Karim Wade, fils et ancien ministre du président Abdoulaye Wade (2000-2012), et de Khalifa Sall, maire déchu de Dakar, tous deux frappés par des condamnations judiciaires, ainsi que l'instauration d'un nouveau système de parrainages qui a éliminé 20 des 27 prétendants.

Malgré une longue tradition démocratique, au Sénégal les campagnes électorales sont souvent émaillées d'accusations de corruption, de désinformation et de violences.

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