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Mondiaux de patinage: Papadakis-Cizeron, au-delà des titres, l'ambition artistique

Mondiaux de patinage: Papadakis-Cizeron, au-delà des titres, l'ambition artistique
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Au-delà des titres qu'ils accumulent depuis cinq hivers, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, grandissimes favoris pour conserver l'or mondial, à partir de vendredi à Saitama (Japon), sont animés par leur ambition artistique et leur volonté de marquer la danse sur glace de leur empreinte.

"J'ai connu des athlètes, qui ont été de grands champions, pour lesquels la vraie motivation, c'était de gagner, gagner, gagner... Gabriella et Guillaume, ça n'a jamais été leur cas. Même si ce sont de grands compétiteurs, ce n'est pas leur moteur premier, estime auprès de l'AFP leur entraîneur Romain Haguenauer. Je ne les ai jamais entendu dire: +Moi, je veux être 18 fois champion du monde !+. Ils ne sont pas là-dedans".

"Leur moteur à eux, c'est d'être dans des concepts artistiques, de proposer des choses. Ils ont toujours été comme ça", raconte-t-il.

Au quotidien, la démarche des vice-champions olympiques 2018, triples champions du monde (2015, 2016 et 2018) et quintuples champions d'Europe en titre (2015-2019) a du bon.

"Ca fait une grosse différence à l'entraînement : ils sont dans le souci du détail, il faut que ce soit esthétique, musical, qu'ils puissent l'interpréter... Ils ne sont pas là en train de se dire: +Mince, j'ai raté ça, on va se faire battre par untel ou untel+. Ils ne sont pas du tout dans cette logique-là, développe Haguenauer. C'est la grande différence chez eux par rapport à beaucoup d'autres".

- Style singulier -

Leur style moderne et poétique, tout en fluidité et légèreté mais profondément incarné, est le plus souvent salué, de temps en temps critiqué. Il fait en tout cas leur singularité.

"Ils proposent des choses pas forcément dans (la lignée) de ce qu'aimerait le comité international, des musiques plutôt lentes, qui pourraient être très ennuyeuses chez la plupart des couples, mais qu'eux arrivent à transcender, c'est leur force", explique l'entraîneur du duo clermontois.

"Les juges internationaux disent souvent qu'ils ne souhaitent pas que les autres couples prennent des musiques comme Gabriella et Guillaume, parce que s'ils sont de moins bonne qualité, qu'ils n'ont pas leur niveau d'expression ou ne sont pas dans leur monde, ça va être très pénible...", poursuit-il.

Cet hiver, sans grand-messe olympique au calendrier ni la concurrence frontale qu'ils vivaient avec les Canadiens Tessa Virtue et Scott Moir, retirés de la compétition, Papadakis et Cizeron ont puisé de la motivation dans une recherche plus personnelle.

"On a pris plus de repos que d'habitude et quand on est revenu à l'entraînement, on a travaillé avec des personnes différentes, on a joué pas mal avec des nouvelles façons de patiner aussi, notamment avec Stéphane Lambiel", le patineur suisse double champion du monde qui a chorégraphié leur danse libre, ou encore une compagnie de cirque québecoise, raconte Papadakis. "Ca nous a vraiment aidé à retrouver de la motivation" après une saison olympique "très, très éprouvante".

- Cizeron s'est mis à la chorégraphie -

"Il y a toujours l'envie de devenir meilleurs, de faire des nouvelles choses, c'est aussi ça qui nous inspire artistiquement et techniquement", complète Cizeron.

"Aujourd'hui, ils ont presque tout gagné dans leur carrière. Ils ont encore au moins trois saisons à faire (jusqu'aux JO-2022, ndlr), il faut qu'ils continuent à se faire plaisir, à proposer, ce sont des artistes", souligne Haguenauer.

Illustration de son engagement dans l'essence artistique de leur sport, Cizeron, qui dessinait déjà des costumes, a chorégraphié l'été dernier ses premiers programmes, pour le couple Vanessa James/Morgan Ciprès et pour un autre patineur français, Romain Ponsart.

"Ca ne m'étonne pas. Je connais Guillaume depuis qu'il est tout petit, je travaille au quotidien avec lui. Il a ce sens artistique, ce goût, au niveau des lignes, de la créativité. Il a tout pour devenir un grand chorégraphe dans l'avenir."

En attendant, une quatrième couronne mondiale, à seulement 23 ans pour elle et 24 ans pour lui, inscrirait encore un peu plus le duo dans l'histoire de la danse sur glace.

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