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Sécurité dans les stades: à Caen avec les policiers en survêtement de la SIR

Sécurité dans les stades: à Caen avec les policiers en survêtement de la SIR
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Quand la police nationale enfile un survêtement et des baskets pour surveiller les supporters, ça donne la Section d'intervention rapide (SIR), en première ligne pour assurer la sécurité dans les stades, entre chasse aux fumigènes et gestion des ultras.

Dans leur jogging Adidas bleu, ils passent presque inaperçus au stade, à l'écusson de leur veste près: sur leur poitrine, pas le blason d'une équipe, mais celui, tricolore, de la police nationale, accompagné des initiales de la Division nationale de la lutte contre le hooliganisme (DNLH).

Quand les deux bus de fans de Saint-Etienne parviennent à Caen à 90 minutes du coup d'envoi, les sept fonctionnaires de la SIR normande, tous des volontaires qui travaillent dans d'autres services de la police la semaine, sont postés à l'entrée du parcage, prêts pour une opération de "contre-palpation" qui suit celle effectuée par les stadiers.

"Le rôle premier des SIR est d'assurer une présence dissuasive dans les stades et d'y intervenir en cas de troubles à l'ordre public", explique le patron de la DNLH Antoine Mordacq.

"Elles constituent le premier échelon d'intervention des forces de l'ordre. Cela permet aussi de limiter le recours à des unités de maintien de l'ordre dans un stade à des cas exceptionnels, en cas de troubles majeurs ou d'envahissement de terrain", poursuit-il.

- Gilet pare-balles -

Mises en place en 2010, les 19 SIR rassemblent 608 policiers et fonctionnaires de la SIRgendarmes habilités, qui disposent d'une formation et d'un équipement spécifiques.

Survêtement donc, mais aussi "gilet pare-balles, bâton téléscopique, moyen lacrymogène, protège-tibias. Tout ce qui est procédure pour intervention", explique Laurent, gaillard en charge de la SIR à Caen.

Dans le flot ininterrompu des 500 supporters stéphanois, arrivent d'abord des familles, puis environ 150 ultras, avec leurs drapeaux et bâches, contrôlés par les policiers qui sont équipés d'un gant détecteur de métaux. En cas de problème, l'un des fonctionnaires filme avec un caméscope les fouilles, qui ciblent les objets interdits comme les fumigènes.

"On a forcément un regard très attentif sur ce qui est anti-hooliganisme, propos raciste ou homophobe, on contrôle les banderoles, tout ce qui peut être tatouages ou signes extérieurs, qui peut générer de la haine et de la violence", poursuit Laurent.

"La SIR est un élément important qui contribue à la sérénité, au calme à l'arrivée des supporters, explique Dominique Mlynarski, président de la commission sûreté et sécurité de la Ligue (LFP). Ce qui cristallise un petit peu, c'est l'usage d'engins pyrotechniques, c'est tout."

"Ca fait trois fois qu'on nous fouille, après sept heures de bus! Ils fouillent tout le monde, même les gamins", peste un "supp" de Saint-Etienne.

- Sur le parking -

Avec les supporters, "c'est assez particulier. On sympathise avec eux, on les rassure. On n'est pas là pour faire de la répression", déclare David, ancien CRS aujourd'hui à la sécurité publique.

"On essaye d'être plus détendu, de parler de leur club, de là où ils viennent pour qu'ils oublient un peu qu'on est là pour les palper, renchérit Henri-Pierre, qui travaille en police secours. Comme partout, on ne peut pas être aimés de tout le monde. Mais généralement, ça se passe très bien."

Tout le monde est entré à temps, sans qu'aucun fumigène n'ait été intercepté, pour le but stéphanois à la 5e minute, célébré par son auteur devant le parcage rempli.

"On est conscients qu'un stade sans supporters, c'est un stade mort", explique Laurent, qui a pris place avec ses collègues en bord de la pelouse. "Nous sommes passionnés par le sport. On aime le sport, et on veut que la manifestation se fasse dans les règles et sereinement."

Si la SIR garde un œil tout particulier sur les Stéphanois, elle peut bien intervenir dans toute l'enceinte en appui des stadiers, en cas d'ivresse ou de consommation de produits interdits, mais aussi auprès du kop caennais, qui commence à gronder à mesure que leur équipe favorite subit.

C'est d'ailleurs avec eux que se termine la soirée des SIR: sur le parking, où des supporters normands, en colère après la défaite 5-0, réclament derrière les grillages des explications des joueurs. Les tensions finiront par se tasser.

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