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En route vers les européennes, sur le chantier du TGV Lyon-Turin

En route vers les européennes, sur le chantier du TGV Lyon-Turin
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Notre périple à travers les pays de l'Union se poursuit, à l'approche des élections européennes du mois de mai.

Etape, cette fois, à la frontière entre la France et l'Italie, avec nos correspondants Jack Parrock et Elena Cavallone, à Saint Martin de la Porte, sur le chantier du TGV Lyon-Turin. Mais avant de se rendre au cœur des montagnes, un point rapide sur l'avancée des travaux :

"Nous avons creusé 8 kilomètres de tunnel", explique Maurizio Bufalini, directeur adjoint de TELT, "et avec 9 kilomètres, nous complétons l'excavation de cette partie".

Un tunnel de 57,5 km de long doit passer sous les montagnes pour rejoindre l'Italie. Il s'agit seulement d'un tronçon de cette ligne de 270 kilomètres, qui vient compléter le corridor de méditerranéen reliant l'Espagne à la frontière entre l'Ukraine et la Hongrie.

"Cela représente le passage-clé manquant pour la réalisation de ce corridor", poursuit Maurizio Bufalini, "afin de garantir un chemin de fer moderne pour le transport de marchandises et de passagers entre Algésiras, en Espagne, et Budapest, où le corridor méditerranéen est achevé".

Le coût du TGV Lyon-Turin est estimé à 8,4 milliards d'euros : il est financé à 40% par l'Union Européenne et à 35 % par l'Italie. Mais sa réalisation, prévue pour 2030, divise le gouvernement italien. Ce qui pourrait ralentir le projet.

Le mouvement 5 étoiles s'oppose fermement à ce projet de TGV, que plébiscite au contraire ses alliés de la Ligue au sein du gouvernement italien, et qui souhaitent de leur côté, tenir le calendrier.

Aujourd'hui, il faut compter quatre heures de train pour relier Lyon à Turin : une durée qui serait divisée par deux par la nouvelle ligne ferroviaire. Mais l'opinion publique reste divisée entre ceux qui y voient un potentiel de développement, et d'autres, qui le jugent cher, inutile, et nocif pour l'environnement.

Un blocage du projet amènerait à restituer les fonds européens. Pour les militants anti-TGV, les "NO TAV", cet argent pourrait être bien mieux dépensé, notamment pour renforcer la ligne ferroviaire existante, comme l'explique l'un d'entre eux, Guido :

"Nous avons d'autres priorités en Italie et de nombreux problèmes : ils baissent les retraites, font des coupes dans l'éducation, la santé... Pour nous, l'argent devrait être dépensé d'une autre manière. Et si vous voulez créer des emplois, vous pouvez lancer des travaux de rénovation. Chaque fois qu'il pleut, des régions entières sont inondées en Italie, chaque fois qu'il y a un tremblement de terre, des bâtiments s'effondrent".

Tous les habitants du Val de Suse ne sont cependant pas opposés au projet. Pour le maire de Chiomonte, le TGV Lyon-Turin est nécessaire pour remettre ce coin d'Italie au coeur de l'Europe.

"C'est un problème purement européen qui est devenu un problème local", estime Silvano Ollivier, maire de Chiomonte. "C'est l'erreur de communication fondamentale que tous les gouvernements ont commise".

A l'approche du scrutin des européennes, ce projet de ligne ferroviaire s'invite dans le débat politique italien, qui promet d'être houleux. Un sujet qui devrait aussi peser dans le vote des électeurs.