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Coupe d'Europe: le renouveau toulousain, une aubaine pour sa trésorerie

Coupe d'Europe: le renouveau toulousain, une aubaine pour sa trésorerie
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Leader du championnat et demi-finaliste de la Coupe d'Europe, le Stade Toulousain a retrouvé son lustre d'antan et remplit de nouveau son stade, une aubaine pour sa trésorerie exsangue ces dernières années.

Selon les chiffres fournis à l'AFP par le club, qui va tenter dimanche à Dublin (16h15) de décrocher la septième finale de Coupe d'Europe de son histoire contre le Leinster, tenant du titre, tous les voyants sont au vert: spectateurs (+28,3%), merchandising (+57%), partenariats (+16%), buvette bodega (+16%) ou encore brasserie (+15%).

Mais le club, l'un des plus gros budgets de l'élite (environ 30 millions d'euros) auquel la DNACG (le gendarme financier du rugby, NDLR) a fixé comme objectif d'effacer son déficit structurel après cinq ans de comptes d'exploitation dans le rouge (perte annuelle d'environ 1,5 million d'euros), reste très opaque sur sa gestion. Le président Didier Lacroix dit vouloir "attendre la fin de saison pour faire un point complet sur la situation financière".

- Recapitalisation -

L'ancien patron de la régie publicitaire du club, "A la Une", avait pris en juillet 2017 la succession du président historique Jean-René Bouscatel avec la mission prioritaire de pérenniser l'institution sur le plan financier.

"Très clairement, la question c'est: +le modèle du Stade est mort ou pas?+ Je pense qu'il ne l'est pas si on optimise l'ensemble des recettes et qu'on est plus exigeants sur les charges et notamment la masse salariale" des joueurs, avait alors édicté l'ancien troisième ligne aile.

L'effectif vieillissant a depuis été considérablement dégraissé et rajeuni (Dusautoir, Johnston, McAlister, Albacete, Lamboley, Kakovin, Steenkamp, Maka, Palisson partis en 2017, Fickou, David, Fritz, Maestri, Doussain en 2018), laissant la place à une armée de jeunes formés au club, certainement moins gourmands et qui rapporteront, dès la saison prochaine, des indemnités de formation en cas de transfert.

En 2017, ce ménage interne avait été rendu nécessaire - et facilité - par une saison noire pour le plus titré de France (19 boucliers de Brennus), mais dont le palmarès ne s'enrichit plus depuis 2012: la 12e place fut synonyme d'absence en phase finale pour la première fois depuis 41 ans.

Lacroix est arrivé avec un chèque de 3,5 millions de la société de marketing Infront en échange des droits sur l'une des marques les plus renommées du rugby français. Il a fait voter une recapitalisation par tranches d'un montant total de 5 millions afin d'obtenir de l'argent frais pour investir et rafraichir le modèle du club.

L'analyse de la situation avait pointé de nombreuses zones à améliorer: billetterie, merchandising, location de salles... Ou encore régler le conflit avec Fiducial, actionnaire minoritaire (10% du capital) et opposant à Lacroix mais qui a enterré la hache de guerre en 2018 pour rester sponsor maillot.

- Stadium à nouveau plein -

Pour faire repartir le Stade, l'idée de Lacroix a été de remettre en pratique le "made in Toulouse" sur le plan sportif. Le fameux "jeu de mains, jeu de Toulousains", l'ADN du club, a réconcilié le club avec ses supporters.

Les deux matches délocalisés au Stadium, en décembre contre Toulon (39-0) et dimanche contre Clermont (47-44), ont ainsi été joués à guichets fermés (plus de 32.000 personnes).

Au total, l'affluence qui s'effritait (15.000 spectateurs de moyenne l'an passé) après avoir culminé, délocalisations aidant, à plus de 20.000 entre 2007 à 2012 est repartie à la hausse.

Cette reconquête des tribunes avec un stade Ernest-Wallon (18.500 places) souvent comble constitue une manne financière supplémentaire qui irrigue tous les secteurs.

Quant aux caisses du club, cette saison, elles ont déjà engrangé la prime pour la qualification en phase finale du Top 14: 558.880 euros.

La Coupe d'Europe va également renflouer les caisses, avec au minimum 1,25 M EUR de rémunération méritocratique si l'équipe d'Ugo Mola s'arrête dimanche en demi-finales. Une cinquième couronne continentale (après 1996, 2003, 2005, 2010), le 11 mai à Newcastle, rapporterait 300.000 euros en plus.

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