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Sri Lanka : le leader des attentats est mort dans l'une des attaques suicide

Sri Lanka : le leader des attentats est mort dans l'une des attaques suicide
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وكالات
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La tension reste vive au Sri Lanka où la traque de suspects continue. Le leader des attaques est mort dimanche en perpétrant l'une d'entre elles. Les forces de sécurité ont interpellé près de 75 personnes depuis dimanche en lien avec ce bain de sang. Le bilan humain de ces attaques meurtrières a été revu fortement à la baisse jeudi soir.

Un bilan fortement revu à la baisse

Quatre jours après les attaques kamikazes à Colombo, Negombo et Batticaloa, les autorités sri lankaises ont considérablement revu à la baisse le bilan des attentats.

Les autorités ont ramené le nombre officiel de morts à 253, contre 359 précédemment, expliquant que des corps "terriblement mutilés de victimes" avaient été comptés plusieurs fois par erreur. Sur les 485 personnes ayant été hospitalisées pour des blessures, 149 restaient à l'hôpital jeudi soir, selon le ministère de la Santé.

Funérailles d'un enfant victime des attentats à Negombo, Sri Lanka

L'enquête toujours en cours

Le groupe djihadiste Etat Islamique a revendiqué ces attentats, tandis que les autorités Sri-lankaises incriminaient un mouvement islamiste local le National Thowheeth Jama'ath (NTJ). Pour l'heure, l'État islamique n'a fourni aucun élément de preuve à l'appui de son affirmation. Si cela s'avère être vrai, il s'agirait de l'une des pires attaques attaques menées par le groupe en dehors de l'Irak et de la Syrie.

La police annoncé "traquer 140 personnes soupçonnées d'être liées à l'État islamique".

Le leader radical Zahran Hashim était l'un des kamikazes

Le chef du groupe islamiste accusé dans les attentats jihadistes de Pâques au Sri Lanka, Zahran Hashim, est mort en perpétrant l'une des attaques suicides qui ont fait 253 morts dans l'île d'Asie du Sud, a annoncé vendredi la présidence du Sri Lanka.

Recherché par les autorités, l'homme était le chef du National Thowheeth Jama'ath, un mouvement djihadiste local accusé par Colombo d'avoir perpétré ces attentats visant des églises et des hôtels de luxe dimanche matin. Son sort depuis cinq jours était jusqu'ici inconnu. Il faisait figure de suspect numéro un dans la chasse à l'homme des forces de l'ordre. "Ce que les services de renseignement m'ont dit c'est que Zahran a été tué dans l'attaque du Shangri-La" dimanche matin", a déclaré le président Maithripala Sirisena lors d'une rencontre avec la presse. Zahran Hashim a mené l'attaque suicide contre l'établissement hôtelier haut de gamme de la capitale avec un second kamikaze, identifié comme "Ilham", a précisé le chef de l'État.

Zahran Hashim apparaissait sur une vidéo publiée par le groupe djihadiste État islamique (EI), qui a revendiqué ces attentats, où on le voyait mener sept hommes dans un serment d'allégeance au chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi. Il était âgé d'une quarantaine d'années et originaire de la région orientale de Batticaloa, où l'un des kamikazes a frappé dimanche une église évangélique en pleine messe de Pâques.

Une faille dans la transmission de l'information ?

La polémique gronde sur l'incapacité des décideurs sri-lankais à empêcher les attentats suicides en amont. Dans ce contexte, deux hauts responsables ont démissionné. Le plus haut responsable du ministère de la Défense a démissionné jeudi, disant "accepter la responsabilité" de cet échec, a rapporté à l'AFP une source ministérielle. Vendredi, le président a annoncé la démission du chef de la police.

Colombo, qui a reçu l'aide d'une équipe du FBI pour l'enquête sur le carnage, a reconnu une "défaillance" de l'État en matière de sécurité, les autorités n'ayant pas su empêcher ce bain de sang alors qu'elles disposaient d'informations très précises.

Une alerte rédigée le 11 avril par le chef de la police, prévenant que le NTJ préparait des attentats, n'a pas été communiquée au Premier ministre et à des ministres de haut rang, dans un contexte de lutte de pouvoir entre le chef de gouvernement et le président Sirisena - qui est également ministre de l'Intérieur et de la Défense.

À plusieurs reprises avant les attaques de Pâques, l'Inde a averti le Sri Lanka du risque d'attentats suicides, a rapporté jeudi à l'AFP une source proche du dossier. New Delhi avait mis la main sur des contenus "menaçants", dont des vidéos, lors d'arrestations dans le sud du pays de personnes soupçonnées de liens avec l'EI. "_Les vidéos montraient un leader radical au Sri Lanka qui tenait des propos menaçants indiquant que des attaques suicides étaient possible_s", a précisé la source, qui a requis l'anonymat. Selon la presse indienne, l'homme sur les images est Zahran Hashim, le chef du NTJ.

Le Sri Lanka a suspendu un projet d'exemptions de visa touristique qui était destiné à doper la fréquentation en basse saison. Les attentats pourraient dissuader de nombreux voyageurs de se rendre dans cette île d'Asie du Sud prisée pour ses plages idylliques et sa nature verdoyante, qui avait connu une année record en 2018 avec 2,33 millions de touristes.

Jusqu'à 1,5 milliard de dollars de perte pour le secteur touristique

Selon le ministre des finances du pays, les attentats du dimanche de Pâques au Sri Lanka pourraient causer jusqu'à 1,5 milliard de dollars de pertes de revenus à son secteur touristique cette année. "Le tourisme sera le plus durement affecté", a déclaré le ministre des Finances Mangala Samaraweera lors d'une conférence de presse, "nous nous attendons à une baisse de 30% des arrivées et cela signifie une perte d'environ 1,5 milliard de dollars".

Se basant sur les précédents de pays touchés par des attentats comme la France, la Belgique, l'Espagne ou la Tunisie M. Samaraweera a estimé que le secteur pouvait espérer un retour à la normale d'ici deux ans. "Typiquement, les pays qui souffrent d'attaques isolées du style de l'Etat Islamique voient leur tourisme se rétablir en un à deux ans, dans la mesure où l'on règle les problèmes à la racine et que les mesures de sécurité sont bien communiquées", a t-il expliqué.

Plusieurs nations appellent leurs ressortissant à éviter de se rendre au Sri Lanka

La plupart des victimes de ces attaques sont des Sri-Lankais. Au moins 38 étrangers ont également été tués, beaucoup d'entre eux étant des touristes s'asseyant pour le petit-déjeuner dans des hôtels haut de gamme lorsque les kamikazes ont frappé. Il s'agissait de britanniques, d'américains, d'australiens, de turcs, d'indiens, mais aussi de ressortissants chinois, danois, néerlandais et portugais.

Du Royaume-Uni à Israël en passant par les Pays-Bas, plusieurs nations ont appelé leurs ressortissants à éviter de se rendre au Sri Lanka, ou à quitter le pays s'ils s'y trouvent. L'Australie a jugé vendredi "probable" que de nouveaux attentats y soient commis, alors que la traque de suspects en lien avec les attaques se poursuit. Des centaines de Néerlandais se trouvant actuellement au Sri Lanka vont être rapatriés aux Pays-Bas "dans les prochains jours", a annoncé vendredi un fonds de garantie actif dans le tourisme.

Paris recommande aux Français de limiter leurs déplacements dans la capitale Colombo, ainsi que de se tenir à l'écart des lieux de culte et rassemblements à travers toute l'île.

Le début d'année était pourtant encourageant pour l'industrie touristique sri-lankaise. Les arrivées de visiteurs étaient en hausse de 4,6% sur un an, à 740.600 touristes, au premier trimestre 2019.

Au vu de la situation sécuritaire, le Sri Lanka a suspendu un programme d'exemptions de visa touristique destiné à doper la fréquentation en saison basse. Le dispositif devait entrer en vigueur le 1er mai pour six mois.

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