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Vieilli mais vivant, Baghdadi nargue l'Occident : comment s'en sort-il ?

Vieilli mais vivant, Baghdadi nargue l'Occident : comment s'en sort-il ?
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On l'a dit malade, on l'a donné pour mort des tas de fois, ou au moins blessé, mais dès qu'il le juge bon, il ressort de son trou et nargue les armées et les services de renseignements occidentaux, le régime syrien et même ses ennemis, les Arabo-Kurdes des Forces démocratiques syriennes. Abou Bakr al-Baghdadi reste l'insaisissable chef du groupe terroriste Etat islamique, ce qui finit par agacer au plus haut point les autorités américaines. Elles ont réussi à éliminer Oussama ben Laden, qui dirigeait Al-Qaïda, en 2011 au Pakistan, mais Baghdadi... toujours pas !

Un "fantôme", très secret et fin stratège

Bien sûr il a vieilli, depuis la seule apparition qu'on connaissait de lui jusque-là, prêchant à la mosquée al-Nouri de Mossoul, dans le nord de l'Irak, en juillet 2014. Néanmoins, il parle et fait parler de lui une fois encore : il vient de réapparaître dans une vidéo de propagande, barbe rousse mais de plus en plus poivre et sel - il a 47 ans - et c'est donc une première depuis 5 ans. Il évoque à dessein plusieurs faits d'actualité, ce qui lui permet de revendiquer les récents terribles attentats au Sri Lanka.

Ce qui fait la force d'Abou Bakr al-Baghdadi - les experts internationaux du djihadisme s'accordent sur ce point - est son impressionnante capacité à se cacher, à entretenir ainsi le mystère; il est d'ailleurs parfois surnommé "le fantôme". Egalement très patient, il passe pour un planificateur et stratège hors pair. Sans doute en partie grâce à cela, il a déjà échappé à plusieurs attaques aériennes menées par la coalition occidentale contre les combattants du groupe Etat islamique.

Jamais sans son frère, son garde du corps et son estafette

Des sources militaires et de sécurité estiment que le cerveau de Daech pourrait se terrer dans le désert syrien; elles citent plus précisément "la badiya", une zone qui s'étend du centre de la Syrie à l'Irak. C'est justement dans cette région que son fils, Houdhayfah al-Badri, avait été tué par des missiles russes téléguidés en juillet 2018, alors qu'il s'était réfugié dans une grotte.

Baghdadi se déplace tout le temps accompagné de trois proches, affirme le spécialiste Hicham al-Hachémi à l'Agence France-Presse : "Son frère Joumouaa, plus âgé que lui, son chauffeur et garde du corps, Abdellatif al-Joubouri, qu'il connaît depuis l'enfance, et son estafette, Seoud al-Kourdi".

Un potentiel terroriste à ne pas négliger

Le "califat" autoproclamé par le chef djihadiste en 2014 a désormais perdu toute sa splendeur et son pouvoir de vie et de mort, après sa défaite ultime lors de la bataille de Baghouz en mars dernier en Syrie. Baghdadi faisait régner la terreur sur près de 7 millions d'habitants répartis sur les territoires irakien et syrien. C'est bien terminé, mais il se vante toujours de diriger quelques troupes çà et là, quelques groupuscules islamistes de par le monde, quelques cellules dormantes... Ses capacités de nuisance terroriste ne sont pas encore éteintes.