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Mondial-2019: Italie et Brésil pour sortir de l'ombre

L'attaquante du Brésil, Marta (2e g), buteuse lors du match de phase de groupes du Mondial face à l'Australie, à Montpellier, le 13 juin 2019
L'attaquante du Brésil, Marta (2e g), buteuse lors du match de phase de groupes du Mondial face à l'Australie, à Montpellier, le 13 juin 2019 -
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Pascal GUYOT
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Brésil et Italie: neuf sacres en Coupe du Monde chez les garçons, mais zéro chez les femmes avant leur affrontement mardi à Valenciennes lors du Mondial-2019, qui contribue dans les deux pays à faire, un peu, sortir la discipline de l’ombre immense du football masculin.

Difficile de se faire une place quand, comme au Brésil, une loi interdisant la “pratique de sports contraires à la nature féminine” reste en vigueur de 1941 à 1979, empêchant de fait les femmes de jouer au foot, du moins officiellement.

Aujourd’hui, le foot féminin reste encore très en retrait au pays de Pelé, Ronaldo et Neymar. Mais la situation s’est tout de même améliorée, grâce notamment aux bons résultats d’une sélection qui a disputé trois finales de tournois majeurs depuis 15 ans (JO 2004 et 2008, Coupe du Monde 2007) et est portée par le talent de la sextuple meilleure joueuse du monde Marta.

En Italie, le frémissement est beaucoup plus récent et les victoires des Azzurre lors des deux premiers matches de poule en France ont été ressenties comme deux coups d’accélérateur brutaux.

“Ce but à la 95e minute, c’est un mur qui s‘écroule”, a ainsi résumé l’ancien maire de Rome Walter Veltroni, désormais chroniqueur au Corriere dello Sport, après la tête victorieuse de Barbara Bonansea face à l’Australie (2-1).

“Vous êtes la grande fierté de l’Italie”, a de son côté tweeté le sélectionneur masculin Roberto Mancini après le deuxième succès des joueuses de Milena Bertolini, face à la Jamaïque (5-0).

Après deux beaux succès d’audience (3,5 millions, puis 2,9 millions de téléspectateurs) sur la Rai2, le choc face aux Brésiliennes aura même les honneurs de la Rai1, vaisseau amiral du groupe public.

Les joueuses, elles, profitent d’une notoriété nouvelle, dont elles ne sont pas totalement dupes.

- Engouement /p>

“On est là, mais on l’a toujours été. C’est juste qu’en Italie, la femme doit toujours gagner le respect. Disons qu’on a gagné ce respect. Ça nous fait un peu sourire mais ça nous donne aussi un peu de force”, a ainsi raconté Cristiana Girelli après son triplé contre la Jamaïque.

Au Brésil aussi, le Mondial suscite un vrai engouement. Pour la première fois de l’histoire, les matches de la Seleçao féminine sont retransmis en direct sur TV Globo, la plus grande chaîne du pays.

Autre fait inédit: plusieurs entreprises ont annoncé qu’elles autoriseraient leurs employés à arrêter le travail lors des matches du Brésil, ce qui est systématiquement le cas pour le Mondial masculin.

Mais à Rome comme à Rio, les obstacles restent nombreux et difficiles à franchir.

En Italie, où l’on ne compte pas plus de 24.000 licenciées, les joueuses n’ont ainsi pas le statut professionnel tout simplement parce qu’elles n’en ont pas le droit, même si le nouveau président de la fédération Gabriele Gravina tente de faire évoluer la loi.

Estomac retourné –

Le sexisme reste également bien présent, y compris au sein même de l‘équipe nationale brésilienne, avec plusieurs remarques du sélectionneur Vadao en conférence de presse: “Quand on entre dans le vestiaire, elles n’arrêtent pas de parler, c’est compliqué!”, ou “Souvent, c’est plus difficile de calmer les femmes que les hommes…”

En Italie, c’est le champion du monde 1982 Fulvio Collovati qui s‘était illustré en février en assurant que quand il entendait “une femme parler de tactique”, cela lui “retournait l’estomac”.

“Si vous voulez, je vous explique le hors-jeu, la VAR (assistance vidéo à l’arbitrage, ndlr), le 4-3-3, la défense en zone et combien un homme peut être limité en 2019”, avait répondu sur Twitter Regina Baresi, fille et nièce d’internationaux, mais surtout capitaine de l’Inter Milan, promue la saison prochaine en première division féminine.

“L’idée générale en Italie, c’est que le foot est le dernier bastion masculin”, estimait également Milena Bertolini, interviewée en février par l’AFP.

“Je regrette de le dire, mais chez les plus âgés (…), il y a encore une mentalité un peu primitive, qui laisse la femme reléguée à certains rôles. Mais les jeunes générations sont différentes et les choses changent. Lentement, mais elles changent.”

Un peu moins lentement avec des victoires en Coupe du Monde.

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