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Le sambo, cet art martial que la Russie voudrait voir olympique

Le sambo, cet art martial que la Russie voudrait voir olympique
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Les prises rappellent le judo ou la lutte, les coups échangés font penser à la boxe. Le sambo, un art martial russe inventé dans les années 1930, est en compétition aux Jeux européens de Minsk et ses pratiquants rêvent d’un avenir olympique.

Du ju-jitsu, du judo, du karaté, de l’aïkido, de la boxe ou de la lutte gréco-romaine… On retrouve un peu tout ça dans le sambo, un art martial créé pour entraîner les forces de l’ordre soviétiques et encore enseigné dans l’armée russe.

L’histoire du sambo se confond avec celle de l’URSS. Pendant des décennies, on a cru qu’un instructeur physique, Anatoli Kharlampiev, en était l’inventeur. Véritable héros national, il présentait le sambo (dont le nom est un acronyme formé d’après le russe “Autodéfense sans arme”) comme une synthèse des différentes formes de luttes slaves.

Ce n’est qu’en 1982, trois ans après la mort de Kharlampiev, qu’un chercheur révèle que le sambo est né de la rencontre à la fin des années 1920 entre deux anciens militaires, Victor Spiridonov et surtout Vassili Ochtchepov, un spécialiste du judo qu’il a étudié au Japon.

Ochtchepov avait parfaitement conscience que le sambo devait beaucoup aux arts martiaux japonais. Mais dans l’URSS de Staline, tout ce qui venait de l‘étranger était suspect. Arrêté pour trahison et espionnage au profit du Japon, Vassili Ochtchepov est envoyé au goulag et exécuté en 1938.

Cela n’a pas empêché le sambo de devenir extrêmement populaire en Europe de l’Est, puis de s‘étendre à travers le monde.

En Russie, les grandes stars du Mixed Martial Arts (MMA), cette discipline sulfureuse permettant toutes sortes de coups de pied, d‘étranglements ou des clés à l’intérieur d’une enceinte fermée, disent tous avoir appris à se battre grâce au sambo.

A la différence de sa version “combat”, particulièrement violente, le sambo sportif n’autorise pas les coups. Sur un tatami, seules les prises – on en dénombre plus de 6.000 – et les projections au sol ont droit de cité. A l’oeil, le sport ressemble à une variante plus dynamique de la lutte.

En compétition aux Jeux européens de Minsk, qui se déroulent jusqu’au 30 juin, le sambo rêve d’un avenir aux Jeux olympiques. Cité par l’agence de presse bélarusse BelTa, le président de la fédération internationale de sambo, Vassili Chestakov, dit espérer que son sport soit présent aux JO-2024 de Paris.

Un espoir que soutient également Vladimir Poutine: interrogé en janvier sur le sujet, le président russe, que le site du Kremlin présente volontiers comme “multichampion” du championnat de sambo de Saint-Pétersbourg et “maître” de cette discipline, a promis de promouvoir ce sport devant les instances olympiques.

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