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Des milliers d'ouvriers agricoles indiens fuient le Cachemire

Des milliers d'ouvriers agricoles indiens fuient le Cachemire
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REUTERS/Danish Ismail
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Alors que des milliers de travailleurs tentent de quitter le Cachemire depuis le début de la semaine, l'Inde et le Pakistan ont fait des annonces afin d'apaiser les tensions.

La plupart sont des ouvriers agricoles, souvent originaires de l'état voisin du Bihar, dans le nord-est de l'Inde. Depuis la décision de New Delhi de révoquer l'autonomie du Cachemire, ils ne sentent plus forcément les bienvenus

"Nous venons de de tout le Cachemire, nous avons dû partir précipitamment, sans être payés, on ne sait pas comment voyager car nous n'avons rien pour acheter nos billets", explique l'un d'entre eux, devant la gare de Jammu.

Attirés par la province himalayenne en raison de son climat plus clément et de meilleurs salaires, ces ouvriers indiens se retrouvent être des cibles potentiels pour les séparatistes cachemiris.

Certains ont reçu des menaces et tous souffrent en tout cas du couvre-feu imposé par les autorités. Depuis lundi, c'est toute la région qui se retrouve paralysée.

Libérer le Cachemire "du terrorisme"

Dans un discours retransmis à la télévision ce jeudi, le Premier ministre indien Narendra Modi a affirmé que son pays avait révoqué l'autonomie du Cachemire pour libérer la région du "terrorisme et du séparatisme".

La presse indienne rapportait dans la journée de jeudi que plus de 500 personnes avaient été arrêtées et placées en détention provisoire ces derniers jours dans le territoire himalayen à majorité musulmane revendiqué par le Pakistan.

"Mes amis, je suis convaincu que nous pourrons libérer le Jammu-et-Cachemire du terrorisme et du séparatisme avec cette forme d'organisation", a affirmé le dirigeant nationaliste hindous, dont c'était la première prise de parole publique sur la décision prise lundi par son gouvernement de mettre fin au statut d'autonomie dont bénéficiait jusque-là cette région.

REUTERS/Amit Dave
Les gens regardent le discours de Narendra ModiREUTERS/Amit Dave

"J'ai la conviction que le peuple du Jammu-et-Cachemire (nom de l'Etat correspondant à la partie du Cachemire contrôlée par l'Inde, ndlr), après avoir vaincu le séparatisme, progressera vers de nouveaux espoirs et de nouvelles aspirations", a-t-il ajouté, qualifiant cette mesure d'"historique".

Narendra Modi a estimé que le Pakistan s'était servi du statut spécial du Cachemire "comme d'une arme pour attiser le fanatisme" contre l'Etat indien.

Le Pakistan rejette l'option militaire

Les nationalistes hindous ont également fait voter par le Parlement le démembrement de la région, qui donne naissance à deux entités administratives distinctes : le Jammu-et-Cachemire et le Ladakh.

Le Pakistan, qui a déjà mené trois guerres face à l'Inde, dont deux autour du Cachemire, a qualifié lundi d'"illégale" cette décision, et expulsé l'ambassadeur indien à Islamabad. Il a annoncé jeudi qu'il écartait l'option militaire face à l'Inde, mais examinait des recours "politiques, diplomatiques et juridiques" contre sa mesure.

L'Inde a déployé des dizaines de milliers de paramilitaires en renfort depuis le début du mois au Cachemire, une région himalayenne parmi les plus militarisées du monde où elle comptait déjà près d'un demi-million de membres des forces de sécurité.

Depuis dimanche, tous les moyens de communication sont bloqués, coupant la population du Cachemire indien du reste du monde. Ce black-out total imposé par les autorités indiennes vise à éviter un éventuel soulèvement de la population locale.

Le Premier ministre indien a affirmé que les musulmans, majoritaires dans la région, pourraient célébrer sans difficulté la fête de l'Aïd el-Kébir, la plus grande fête musulmane qui s'ouvre à la fin de la semaine