Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.
DERNIERE MINUTE

Au Salvador, une jeune femme est de nouveau jugée pour avoir perdu son bébé

Evelyn Hernandez risque jusqu'à 50 ans de prison.
Evelyn Hernandez risque jusqu'à 50 ans de prison. -
Tous droits réservés
REUTERS
Euronews logo
Taille du texte Aa Aa

Après avoir passé plus de deux ans derrière les barreaux, Evelyn Hernandez, 21 ans, est de nouveaux face aux juges. Son crime, aux yeux des lois du Salvador : avoir perdu son enfant au terme de sa grossesse, lorsqu'elle était adolescente.

En juillet 2017, la jeune femme avait été condamnée à 30 ans de prison, mais la décision a été annulée en février par la Cour suprême. Son deuxième procès s'est ouvert jeudi, et le verdict est attendu dans la soirée ce vendredi.

"Mon but est de poursuivre mes études, a déclaré Evelyn Hernandez avant le début du procès. Et je demande également à l'accusation de bien réfléchir, car je suis vraiment innocente. "

Les chefs d'accusation ont peu changé : la Salvadorienne n'est plus accusée d'homicide aggravé avec préméditation, mais d'homicide aggravé par négligence, et risque toujours entre 30 et 50 ans de prison. La jeune femme clame pourtant que son enfant est mort-né, ce qui avait été confirmé par l'autopsie.

Une législation contre l'avortement drastique

Son avocate, Berta de Leon, espère qu'Evelyn sera libérée. "_Jusqu'à présent, il n'y a eu aucun changement par rapport au premier procès. Et le tribunal a déjà dit qu'il n'y avait aucun moyen d'établir qu'Evelyn voulait tuer le nouveau-né, mais plutôt qu'il s'agissait d'une naissance compliquée et que le bébé est mort-né _", a expliqué l'avocate devant la presse.

Dans ce petit d'Amérique centrale, la législation contre l'avortement est l'une des plus drastiques au monde. A l'heure actuelle, 16 femmes sont en prison au Salvador pour des avortements.

Par ailleurs, entre 2000 et 2014, plus de 140 femmes ont été reconnues coupables d'homicide ou de meurtre après une fausse-couche ou la naissance d'un enfant mort-né, selon le Groupe citoyen pour la décriminalisation de l'avortement.

Le procès d'Evelyn Hernandez est le premier du genre sous la présidence de Nayib Bukele, investi en juin. Il a soutenu le droit à l'avortement lorsque la vie d'une femme est en danger, et s'est dit totalement contre la criminalisation des femmes qui font des fausses-couches.