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A la rencontre des familles de Daesh : les enfants, premières victimes du conflit

A la rencontre des familles de Daesh : les enfants, premières victimes du conflit
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Par Anelise Borges
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Euronews s'est rendu dans plusieurs camps du nord-est de la Syrie. Au sein de ces campements, des femmes et des enfants de Daesh. 40 000 mineurs se trouveraient actuellement sur place.

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En théorie, les enfants pris dans des conflits bénéficient de dispositifs spéciaux de la part du droit international qui reconnait leurs vulnérabilités leurs et besoins.

Mais dans la pratique, ils sont les premiers à être touchés et portent des cicatrices tenaces. Euronews s'est rendu dans des camps situés dans le nord-est de la Syrie où sont retenus ces enfants.

"Quand je suis arrivée à Baghouz, dans l'Etat islamique, j'avais 4 ans", déclare Moaath. Le jeune garçon fait partie d'un groupe d'enfants actuellement détenus. Ils sont ce qui reste de l'une des organisations terroristes les plus brutales que le monde n'ait jamais connu. Ils sont à la fois victimes et héritiers de l' Etat Islamique.

Pour Sherin Murad Ismael, responsable de la protection de l'enfance pour l'UNICEF : "Ce n'est pas de leur faute s'ils sont nés dans des familles associées à Daesh... Ce n'est pas de leur faute s'ils sont nés dans des villes contrôlées par Daesh. Ils sont seulement victimes".

Selon une estimation, 40 000 enfants vivent actuellement dans des camps du nord-est de la Syrie et plus de 8 000 d'entre eux seraient des étrangers. Parmi ces derniers, les deux fils d'Ilham qui pourraient réclamer à la fois des passeports néerlandais et belges, mais qui, au contraire, risquent de se retrouver apatrides. "C'est douloureux de les voir, car tout ça leur semble normal. Ils ne savent pas qu'il existe mieux que ça", confie la mère de famille. Ilham, qui n'a pas souhaité que nous filmions son visage, sait que ses deux garçons sont ici à cause de ses choix. 

Mais pour elle, tout cela est injuste, ses enfants ne devraient pas avoir à payer pour les erreurs qu'elle a commises. Selon ses dires, la jeune femme regretterait d'avoir rejoint Daesh :"J'avais 19 ans. C'était un mauvais choix.C'était si facile d'y entrer mais maintenant qu'on est ici c'est difficile d'en sortir [...] Je n'ai pas de message précis, mais j'aimerais dire quelque chose : Il y a tant d'enfants ici. Ces enfants vont grandir et demander : pourquoi sommes-nous toujours en Syrie et pourquoi personne ne nous a aidés dans cette situation." 

Je n'ai pas de message précis, mais j'aimerai dire quelque chose : Il y a tant d'enfants ici. Ces enfants vont grandir et demander : pourquoi sommes-nous toujours en Syrie et pourquoi personne ne nous a aidé dans cette situation.
Ilham

Si pour le moment, les enfants ne peuvent pas encore raconter ce qu'ils ont vécu, ce qu'ils ont vu ou ce qu'ils ont été forcés de faire. D'après Sherin Murad Ismael : "Ils risquent d'être abusés. Ils font face aux risques d'exploitation, d'agression, d'exploitation sexuelle, de travail forcé... Il y a tant de risques."

L'ONU a demandé aux gouvernements étrangers de rapatrier tous les enfants de moins de 18 ans du nord-est de la Syrie et d'élaborer des programmes spécialisés de protection de l'enfance pour assurer leur pleine réintégration dans la société. Mais pour l'instant, les gouvernements se sont montrés réticents quant au fait de les faire revenir.

Il y a quatre ans, la fille de Pascale a tout quitté pour partir en Syrie avec ses trois enfants. Aujourd'hui, elle serait retenue dans un des camps du nord-est du pays. Et pendant que rien ne semble changer, Pascale, ainsi que les autres membres de familles d'enfants de Daesh, attendent l'occasion de pouvoir les faire sortir de ces camps.

Pour ces familles, la situation actuelle est un problème auquel les gouvernements doivent désormais faire face et trouver une solution.

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