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Irlande du Nord : le spectre de la violence

Irlande du Nord : le spectre de la violence
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Le Bloody Sunday et ses 28 morts, le conflit nord-irlandais et ses 3500 morts… Le spectre des troubles sanglants qui endeuillèrent la province entre 1969 et 1994 est ravivé par le Brexit. Une page de l'histoire que l'accord du « Vendredi saint » était censée avoir définitivement tournée.

Eugene Reavey vit dans la ville d'Armagh. Il a perdu trois frères, tous trois morts sous les balles des unionistes britanniques. Il milite pour la paix mais dit ne pas vouloir se bercer d'illusions.

« Des dissidents de l'IRA et d'autres groupes alimentent ces craintes »

« J'entends dire que le républicanisme traditionnel, l'ancien IRA provisoire, ne reprendra pas la lutte armée, mais il y a des dissidents et d'autres groupes qui alimentent ces craintes et il est clair qu'ils attaqueraient tout type de dispositif installé le long de la frontière », explique ce membre de la plateforme « Vérité et réconciliation ».

La mort de la journaliste Lyra McKee en avril dernier, tuée pendant une émeute par des dissidents républicains, est venue brutalement rappeler les risques encourus. Mais Eamonn Mallie, connaisseur du dossier, se refuse pour l'heure à céder au catastrophisme.

« Les sentiments sont si exacerbés des deux côtés de la frontière que nous n'avons pas nécessairement à anticiper le comportement des dissidents républicains ou l'ombre que ferait planer le républicanisme sur l'avenir », commente le coauteur de l'ouvrage « The provisional IRA ».

Pour Sam McBride, journaliste du Belfast News Letter, une publication unioniste, les violences - aussi sporadiques soient-elles - iraient de pair avec le rétablissement d'une frontière dure entre l'Irlande et l'Irlande du Nord.

« Les dissidents républicains seront prompts à utiliser tous les prétextes pour justifier la violence, tout ce qui pourrait leur apporter un soutien plus large dans la communauté, notamment en attaquant des infrastructures à la frontière », assure-t-il.

Dans les rues de Belfast, la crainte et l'espoir, toujours, d'une solution politique

Dans les rues de Belfast, même sentiment mitigé, entre crainte et espoir…

« Je dirais qu'une frontière dure va certainement être rétablie, c'est ce que laissent entrevoir les dernières nouvelles », déplore un passant.

_« Je me souviens des années 70 et 80, et honnêtement, qui aurait envie de revenir à cette période ? » s'_interroge une femme.

« Je suis inquiet à l'idée qu'une frontière dure puisse être instaurée entre l'Irlande et l'Irlande du Nord et j'espère qu'on ne revivra pas la lutte armée et les troubles », dit un autre.

Le sentiment dominant est que si le Royaume-Uni quittait l'Union européenne sans accord, un retour de la violence ne pourrait pas être exclu. Reste à savoir si ces craintes se réaliseront. cela dépendra non pas des actions entreprises à Dublin ou à Belfast, mais des décisions qui seront prises à Londres dans les prochaines semaines.