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Élections législatives portugaises : la crise économique est-elle vraiment digérée ?

Élections législatives portugaises : la crise économique est-elle vraiment digérée ?
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La route a été longue mais le pire semble passé. La crise encore récente au Portugal a laissé des cicatrices. Un exemple parmi d'autres, d'après le dernier rapport de l'organisme qui gère leur entretien, 62% des infrastructures ferroviaires du pays sont en "mauvaises conditions" ou nécessitent "une attention particulière". Les autorités, elles, assurent que toutes les conditions de sécurité sont réunies.

Pour rappel, en 2011, le social-démocrate Pedro Passos Coelho succède au socialiste José Socrates au poste de Premier ministre. Après la rigueur, place à l'austérité.

En 2015, Coelho remporte de nouveau les législatives mais son gouvernement est rejeté par une coalition de gauche emmenée par les socialistes et leur leader António Costa.

Le nouveau chef du gouvernement marque la rupture avec les politiques d'austérité de ses prédécesseurs mais bénéficie surtout de conditions enfin favorables.

“J'accorde une importance particulière au fait que le gouvernement a d'abord suggéré qu'il combattrait le traité budgétaire, mais six mois plus tard, toujours en 2016, il est revenu en soutenant qu'il atteindrait tous les objectifs budgétaires, rappelle João Borges Assunção, professeur à l'Université Catholique du Portugal. Ce qui est peut-être nouveau, c'est qu'il y avait un énorme souci avec l'immobilier, les investisseurs ne sont pas venus au Portugal... et quand ils ont compris que le Portugal continuerait à atteindre ses objectifs budgétaires, cela a relancé l'afflux des capitaux".

António Costa (chef du Parti Socialiste)

Stimulé principalement par le tourisme, les exportations et l'investissement immobilier, le pays a renoué avec la croissance avec un pic en 2017. Cette année, la Banque du Portugal prévoit une croissance d'environ 1,7 %, soit un léger ralentissement. Le taux de chômage est passé de 16 % en 2013 à 7 % l'an dernier. Enfin, en près d'une décennie, près de 10 % du déficit budgétaire a été éliminé. L'objectif pour cette année 2019 étant de 0,2 % du PIB.
Mais la dette publique reste l'une des plus élevées de l'Union européenne, seule la Grèce et l'Italie devance aujourd'hui le Portugal.

Les comptes semblent être sous contrôle, mais la ceinture reste serrée ; les impôts sont plus élevés que jamais et l'investissement public est faible.

Tiago Caiado Guerreiro, avocat fiscaliste portugais, est sceptique quant à l'avenir. Surtout si la tendance au ralentissement économique se poursuit : "Il n'y a pas d'investissement public, lui qui sert principalement à stimuler l'économie, ni d'investissement dans d'autres domaines.

Si le cycle économique s'inverse, car il y a une énorme dépense publique et si une récession se produit, et puisqu'il n'y a pas de place pour des augmentations d'impôts, nous serons dans une situation de fragilité extrême".

Ce dimanche, les Portugais choisissent le gouvernement d'un pays en pleine tempête et qui se trouve encore dans des eaux agitées. Le pays a perdu de précieuses années de possible croissance économique mais il est revenu sur la bonne voie. Avec une nouvelle crise économique à l'horizon, la question est de savoir si le pays est aujourd'hui prêt à en subir les conséquences.