DERNIERE MINUTE

Turberculose pharmacorésistante : le cri d'alarme du Fonds Mondial

Turberculose pharmacorésistante : le cri d'alarme du Fonds Mondial
Taille du texte Aa Aa

Une toux persistante, une grande fatigue et une perte de poids ... Les symptômes de la tuberculose ne sont pas toujours faciles à détecter. Pourtant, ses conséquences sont très graves : cette maladie tue trois personnes toutes les minutes dans le monde. En 2017, la tuberculose a ainsi causé la mort de 1,6 million de malades, selon le Fonds Mondial contre le Sida, la tuberculose et le paludisme.

C'est également une épidémie très insidieuse. Selon les experts, près d'un tiers des malades ignorent qu'ils sont contaminés et ne reçoivent donc pas de traitements. Ils infectent alors d'autres personnes, notamment par voie orale, en toussant.

Mais désormais, le Fonds Mondial s'inquiète d'un nouveau phénomène : pour un nombre toujours plus élevé de malades le traitement s'avère inefficace, en raison d'une résistance des bacilles tuberculeux aux médicaments.

Pour le Docteur Eliud Wandwalo, chargé de la lutte contre la tuberculose au Fonds mondial, les pays "doivent se réveiller". "La tuberculose se transmet par voie orale. Vous pouvez donc l'attraper partout où vous allez, explique le docteur. Et je pense que la meilleure façon d'empêcher que votre pays ou votre peuple n'attrape la tuberculose, c'est de combattre la maladie là où elle se trouve. Aujourd'hui, n'importe qui risque de l'attraper en raison de l'accroissement des mouvements migratoires."

Populations pauvres

Les bactéries et les virus apprennent naturellement à résister aux médicaments censés les neutraliser, mais ce phénomène est accentué lorsque le traitement n'est pas pris régulièrement.

C'est souvent le risque avec les malades de la tuberculose, qui doivent prendre de nombreux médicaments pendant six mois, avec des effets secondaires très handicapants, pour une chance de réussite assez faible.

Alors que la réserve de médicaments efficaces s'épuise, la communauté internationale doit conduire de nouvelles recherches pour trouver des vaccins et des traitements.

Mais la tuberculose touche principalement les populations les plus pauvres, ce qui n'incite pas les compagnies pharmaceutique à investir dans des recherches. En 2012, la société américaine Johnson & Johnson a mis sur le marché un médicament anti-tuberculose - le premier en quatre décennies.

Portes de l'Europe

Fabriquer un médicament contre la tuberculose revient donc à très cher, comme l'explique Paul Stoffels, directeur scientifique chez Johnson & Johnson.

C'est aussi cher qu'un médicament contre le cancer ou contre les maladies du système immunitaire, cela nécessite le même temps, le même effort. Mais il n'y a pas de véritable marché dans le monde. C'est donc très difficile d'investir un milliard de dollars dans un programme de recherche sur la tuberculose.
Paul Stoffels
Directeur scientifique chez Johnson & Johnson

Aujourd'hui, la résistance de la bactérie aux médicaments inquiète les autorités . En 2017, le Fonds mondial a enregistré près de 558 000 cas de tuberculoses pharmaco-résistantes.

Un phénomène qui s’accroît et qui est aujourd'hui aux portes de l'Europe. En Biélorussie, en Russie et au Kazakhstan, plus d'un quart des nouveaux cas de tuberculose ont une forme multirésistante.

Part des cas de turberculoses multirésistantes.

L'année dernière, l'Assemblée générale des Nations Unies s'est engagée à intensifier la lutte pour mettre fin à l'épidémie d'ici 2030. Un objectif encore loin d'être atteint, selon le Fonds mondial.

Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.