Kais Saied, officiellement nouveau président de Tunisie
Quasi inconnu sur la scène politique il y a encore quelques mois, Kais Saied, est devenu ce mercredi le nouveau chef de l'état tunisien. A 61 ans, cet enseignant de droit constitutionnel, prend la suite de Béji Caïd Essebsi.
Lors de sa prestation de serment devant le Parlement, il a remercié "en ce moment historique (...) tous les Tunisiens et Tunisiennes aux quatre coins du monde" qui ont voté pour lui et ceux aussi qui ont "voté librement" pour son adversaire, l'homme d'affaires controversé Nabil Karoui.
Promettant de "réunir tous" et d'être "au-dessus des conflits" internes, le nouveau président a précisé devant le Parlement que chacun "est libre de ses convictions et ses choix, mais les services de l'Etat doivent être à l'abri de tous les calculs politiques". Parce que "ce peuple qui a tant attendu (...) veut passer du désespoir à l'espoir", a-t-il ajouté
Valeurs conservatrices
Élu grâce au soutien du parti conservateur, Ennahdha, Kais Saied s'est lui-même dit ouvertement conservateur. Il s'était ainsi prononcé clairement, lors des interviews accordées à des médias locaux, contre l'égalité en matière d'héritage, une question délicate car elle touche à un principe dicté par le Coran, selon lequel une femme hérite le plus souvent moitié moins qu'un homme du même degré de parenté.
Le 13 octobre dernier Kais Saied a été porté au pouvoir avec 72,71 %. des voix. Une victoire écrasante, grâce notamment au vote des jeunes qui l'ont très majoritairement porté au pouvoir. Une jeunesse aujourd'hui durement frappée par le chômage, un tiers est sans emploi.
Kais Saied devra aussi faire face à une croissance atone et à une corruption galopante. L'avenir de la seule démocratie du Maghreb est plus que jamais incertain.