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Premier grand procès pour corruption de l'ère post-Bouteflika à Alger

Tribunal de Sidi M'hamed, dans le centre d'Alger.
Tribunal de Sidi M'hamed, dans le centre d'Alger.   -  
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REUTERS/Ramzi Boudina
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C'est le premier et le plus grand procès pour corruption de l'ère post-Bouteflika... Un procès sous haute surveillance qui fait bouillir les manifestants et depuis hier la défense.

Ajourné dès son ouverture lundi, il a repris dans une atmosphère tendue. Comparaissent deux anciens Premiers ministres algériens, d'ex-hauts dirigeants politiques et de grands patrons du secteur automobile. Les accusations vont notamment de "la dilapidation des deniers publics, à l'abus de fonction, en passant par le conflit d'intérêt, la corruption, et le blanchiment d'argent ".

L'audience a duré 9 heures, en l'absence de tous les avocats de la défense qui ont décidé de boycotter le procès car disent-ils il n'est "ni juste ni équitable", mais "politisé et instrumentalisé" à quelques jours de l’élection présidentielle.

Mais nombreux sont ceux parmi la population algérienne qui veulent la tête des accusés, notamment des anciens ministres, et ce, d'autant plus que trois d'entre eux sont en fuite :

"Nous espérons que ce procès aboutira à quelque chose, ce que nous voulons, c'est que la justice disent d'eux que ce sont des voleurs et qu'elle les mettent en prison à vie."

"Ces ex-personnages politiques ont volé le pays, ils doivent être exécutés devant les gens. On doit assister à ce procès parce qu'ils ont volé les vies de beaucoup de gens comme moi."

Tous les accusés ont fait l'objet des vastes enquêtes pour corruption déclenchées après la démission en avril du président Abdelaziz Bouteflika qui après 20 ans passé au pouvoir a été poussé dehors par le mouvement de contestation populaire inédit, le Hirak. Un mouvement qui appelle au boycott de la présidentielle car il exige le départ de tous les représentants du système, ce qui inclut le gouvernement mais aussi le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah.

Les accusés

Il s'agit d'Ahmed Ouyahia, quatre fois chef du gouvernement entre 1995 et 2019, dont trois fois durant la présidence d'Abdelaziz Bouteflika, et d'Abdelmalek Sellal qui dirigea le gouvernement de 2014 à 2017.

Cinq anciens membres du gouvernement, à savoir trois ex-ministres de l’Industrie, Abdeslam Bouchouareb (en fuite), Youcef Yousfi, Mahdjoub Bedda, l’ex-ministre des Travaux publics Adelghani Zâalane, ainsi que Nouria Zerhouni, ex-wali de Tipaza, sont également sur le banc des accusés.

Parmi les hommes d'affaires, comparaissent Ali Haddad, ex-dirigeant de la principale organisation patronale algérienne, le Forum des chefs d'entreprises (FCE), et fondateur et PDG d'ETRHB, n°1 privé du BTP en Algérie.

Ou encore l'ancien vice-président du FCE Mohamed Bairi, PDG du groupe Ival possédant l'usine de montage algérienne de véhicules industriels Iveco, Ahmed Mazouz, président du groupe éponyme qui assemble et distribue en Algérie des véhicules de marques chinoises, ainsi qu'Hassane Arbaoui, patron de Global Group, qui gère l'usine algérienne de véhicules de la marque sud-coréenne Kia.

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