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Procès Weinstein : du chouchou d'Hollywood au "prédateur sexuel" présumé

Harvey Weinstein, center, leaves court following a bail hearing, Friday, Dec. 6, 2019 in New York. (AP Photo/Mark Lennihan)
Harvey Weinstein, center, leaves court following a bail hearing, Friday, Dec. 6, 2019 in New York. (AP Photo/Mark Lennihan)   -  
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"Grandeur et Décadence", deux films portent ce titre, et s'ils n'étaient pas si anciens - des années 1920 -, Harvey Weinstein serait l'homme idéal pour les produire. Cela résume la carrière de ce New-Yorkais de 67 ans, dont la chute vertigineuse s'est déroulée devant le monde entier, en octobre 2017, en seulement quelques semaines. Le célèbre producteur de cinéma, considéré comme le plus doué pour détecter les films à Oscars et de fait chouchouté par le tout Hollywood, est tombé très bas, désormais banni et fui, accusé d'être un "prédateur sexuel" présumé avant même que ne commence son procès.

80 accusatrices, dont des stars du cinéma

Les premiers coups ont été portés par deux grands journaux de sa ville, le quotidien The New York Times et le magazine The New Yorker, qui ont appuyé leurs révélations par de nombreux témoignages de femmes, surtout des actrices et des mannequins, accusant Weinstein d'agressions sexuelles, parfois jusqu'au viol, et de tentatives d'acheter leur silence moyennant de belles sommes en dollars. La parole commençant à se libérer allait donner le courage à près de 80 autres femmes de mettre le producteur sur le grill : et pas des moindres puisque parmi elles se trouvent des stars comme Angelina Jolie, Salma Hayek, Ashley Judd ou encore Léa Seydoux...

L'inspirateur - sans le vouloir - du mouvement #MeToo

Les plaintes au civil vont se multiplier, le grand public découvre que le patron de la Weinstein Company sévissait depuis plus d'une trentaine d'années, y compris dans les palaces où il séjournait pendant les grands festivals du 7ème art à travers le monde. Harvey Weinstein peut se vanter - si l'on peut dire - d'avoir ainsi fait naître et grandir le mouvement #MeToo, qui a renversé les rôles en harcelant à son tour beaucoup d'hommes de pouvoir dans le monde, les dénonçant pour des abus sexuels présumés.

C'est lorsqu'il a atteint les sommets dans le milieu du cinéma que l'accusé semble avoir débuté sa dérive, à partir des années 1990, la belle époque du studio Miramax qu'il avait fondé avec son frère cadet, Bob. Les succès s'enchaînaient alors sans faiblir : le premier film de Tarantino, "Pulp Fiction", "Le Patient anglais" et ses 9 Oscars, "Shakespeare in Love" et ses 7 Oscars... Et la réussite ne s'arrêta pas là puisque le nouveau studio créé en 2005, The Weinstein Company, allait encore produire un nouveau Tarantino, "Inglourious Basterds", "Le Discours d'un roi", "The Artist", etc.

Eviter le pire, la prison à vie

Mais en 2018, Weinstein ne peut pas refuser le plus mauvais des scénarii, son inculpation prononcée le 25 mai. Il a encore les moyens et paye une grosse caution pour rester en liberté surveillée avec un bracelet électronique. Pour préparer son procès qui vient de s'ouvrir à Manhattan, il a embauché une petite armée d'avocats dont les honoraires se montent à des millions de dollars. Il a donc moins de moyens, sa maison de production a fait faillite, et il se résout à vendre ses propriétés, cinq déjà !

Aux dernières nouvelles, le paria d'Hollywood vit dans une maison qu'il a loué à New York. Il sort un peu mais des femmes le guettent parfois au coin de la rue : fin octobre dernier, plusieurs l'ont intercepté, le traitant de "monstre". Il ne devrait pas témoigner devant le tribunal, laissant sa défense se concentrer afin de lui éviter le pire, une condamnation à la réclusion à perpétuité.

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